OMS – Radiofréquences et santé : une carapace dure à percer

© Yann Forget / Wikimedia Commons / CC-BY-SA-3.0.

LENNART HARDELL

Département d’oncologie, faculté de médecine et de santé, Université d’Örebro, SE-701 82 Örebro, Suède.

Reçue le 1 avril 2017, acceptée le 6 juin 2017

DOI: 10.3892/ijo.2017.4046

Résumé :

En mai 2011, l’agence internationale pour la recherche sur le cancer (CIRC) a évalué le risque de cancer des radiations de type radiofréquences. Les études épidémiologiques sur l’homme démontrent une augmentation du risque de gliome et de neurinome acoustique. Ces radiofréquences ont été classées dans le groupe 2B, comme possiblement cancérogènes. Plusieurs autres études, qu’elles soient épidémiologiques, sur l’animal ou encore mécanistiques, ont renforcé cette association. Malgré cela, dans la plupart des pays, rien n’est fait, ou quasiment pour réduire cette exposition et informer la population de ce risque sanitaire lié à ce type de radiation. Et à l’inverse, l’exposition ambiante n’a fait qu’augmenter. En 2014, l’OMS a lancé la création d’une monographie sur les champs électromagnétiques et la santé, celle-ci fut mise à disposition du public afin de la commenter. Il s’avéra que 5 des 6 membres du groupe principal en charge de cette ébauche sont affiliés à la Commission internationale de protection contre les rayonnements non ionisants (ICNIRP), une ONG loyale à l’industrie, et qui de plus, serait sujette aux conflits d’intérêts. Tout comme l’avis de l’ICNIRP sur les radiofréquences, les évaluations des effets biologiques non thermiques sont écartées comme preuve d’effet sanitaire dans cette monographie. Cela à suscité un certains nombre de réactions auprès de l’OMS. Cependant, au meeting du 3 mars dernier au bureau de l’OMS à Genève, il y a été indiqué qu’il n’y aurait aucun changement au niveau de la composition du groupe en charge de ce travail pour l’OMS.

Index

1. Introduction
2. La fiche d’information de l’OMS
3. Le projet EMF de l’OMS
4. L’OMS et les radiofréquences : Monographie EHC (environmental heatlh criteria)
5. Effet sanitaire chez l’homme des radiations non ionisantes – réunion informelle au sein de L’OMS
6. Exposition aux radiofréquences au sein de l’immeuble de l’OMS à Genève
7. Conclusions

1. Introduction

L’utilisation des technologiques numériques sans fil a considérablement augmentée ces dernières décennies (https://www.itu.int/en/ITU-D/Statistics/Documents/facts/ICTFactsFigures2016.pdf). Durant leurs utilisations, les téléphones sans-fil de type DECT et les téléphones portables émettent des radiations de type radiofréquence. Le cerveau est le premier organe concerné par ces émissions lors de l’utilisation de ces téléphones à même la tête (1,2). Une évaluation des preuves scientifiques sur le risque de tumeur au cerveau a été effectuée en mai 2011 par l’agence internationale pour la recherche sur le cancer (CIRC) qui est en relation avec l’organisation mondiale de la santé (OMS). Le CIRC est indépendant que ça soit au niveau de son financement ou de sa gouvernance par des conseils scientifiques, tandis que les employés de l’OMS ne sont que de simples observateurs (http://www.who.int/ionizing_radiation/research/iarc/en/).
Les études épidémiologiques ont fourni des preuves soutenant l’augmentation du risque de tumeur cérébrale, de neurinome acoustique et de gliome. Ce groupe de travail finira donc par conclure que les radiations de type radiofréquences utilisées par les différents objets sans fil qui communiquent à travers la bande de fréquences des 30kHz-300gHz, appartiennent au groupe 2B, c’est-à-dire comme cancérogène possible pour l’homme (3,4). Par la suite, plusieurs autres études scientifiques corroborèrent ces conclusions, voir même renforcèrent les preuves de cet impact (58).
Différentes études en laboratoire ont constaté des mécanismes cancérogènes de ces radiations notamment sur la régénération de l’ADN, sur le stress oxydatif, l’altération de la mRNA (NDLR: message ARN) ou encore sur la cassure simple-brin d’ADN (913). Un rapport a été publié par le programme national de toxicologie (NTP), sous la tutelle de l’institut national de la santé (NIH) aux USA, sur une des plus large étude animal sur la causalité entre exposition aux radiations du téléphone portable et cancer (14). Une augmentation de l’incidence des gliomes au niveau du cerveau et des schwannomes au niveau du cœur a été constatée chez les rats. Les neurinomes acoustiques et les schwannomes vestibulaires sont des types similaires de tumeur, ces dernières ont donc été relevées au niveau du cœur, bien qu’elles aient été de forme bénignes. Cette étude animale conforte donc les conclusions des études épidémiologiques sur les radiofréquences et le risque de tumeur au cerveau (8).
La classification du CIRC inclut toutes les sortes de radiations de type radiofréquence. L’exposition des stations de base de téléphonie mobile (antenne-relais), des points d’accès WIFI, des smartphones, des PC portables, des tablettes, peut durer un certain temps, voir en continu, que ça soit dans l’habitat ou à l’école. Pour les enfants , le risque pourrait être accentué à cause d’un effet cumulatif lié à l’utilisation à long terme de ces technologies (15). De plus les cellules en cours de développement ou immatures pourraient être aussi plus sensible à ces radiofréquences (9).
Malgré la classification du CIRC, pas grand-chose ne s’est produit pour réduire l’exposition aux champs électromagnétiques dans la majorité des pays. Ce serait plutôt l’inverse même, puisque l’implantation de nouvelles technologies sans fil a augmenté les niveaux d’exposition comme l’on a constaté lors de mesures à la gare centrale de Stockholm ou dans la vieille ville de Stockholm en Suède (16,17). Les directives concernant cette exposition, utilisées par différentes agences nationales, ont été établies en 1998 par la commission internationale pour la protection des radiations non ionisantes (ICNIRP) et sont basées uniquement sur l’effet thermique à court terme des radiofréquences, négligeant au passage les effets biologiques non thermiques (18). L’effet thermique apparaît quand les radiations sont tellement élevées que cela augmente la température du corps de 1° ou plus, après 30 minutes d’exposition à un débit spécifique de 4 W/kg. Les directives de protection ont été établies avec un facteur de sécurité de 50 pour l’exposition au public (http://www.who.int/peh-emf/about/WhatisEMF/fr/index4.html).
Voici les bases pour limiter cette exposition selon l’ICNIRP : « Seuls les effets établis ont été utilisés comme base pour proposer les restrictions d’expositions. Les cancers induits pour une exposition sur le long terme n’ont pas été considérés comme établis, et de ce fait, ces directives ne sont basées que sur des effets à court terme ou sur des effets sanitaires immédiats comme la stimulation des nerfs périphériques et des muscles, des chocs et des brûlures causés par le contact d’objets conducteurs et l’élévation de la température des tissues qui est la résultante de l’absorption d’énergie durant une exposition aux champs électromagnétiques. Dans le cas de risques potentiels d’effets à long terme de cette exposition, comme l’augmentation du risque de cancer, l’ICNIRP a conclu que les données disponibles sont insuffisantes pour fournir une base afin de mettre en place une restriction d’exposition, bien que la recherche épidémiologique ait fourni des indices suggestifs, mais non convaincants, d’une association avec des effets cancérogènes (http://www.icnirp.org/cms/upload/publications/ICNIRPemfgdl.pdf).
C’est une déclaration notable de l’ICNIRP, et retrouvée dans différents discours de certains groupes qui suivent la philosophie de l’ICNIRP comme l’AGNIR ou le projet EMF de l’OMS où l’on retrouve les même éléments de langage sur sa page de garde, les preuves provenant de la recherche épidémiologique sont suggestives mais non convaincantes.
Ce qui est convaincant ou non, est décidément bien subjectif et aucun corps scientifique ne prendra cela comme une base pour prendre des décisions. Il y a sûrement des manques au niveau des connaissances qui induisent des difficultés de décider au sujet de mécanismes qui sous-tendent une observation et même celle-ci peut être considérée comme non fiable mais la conviction ne doit pas rentrer en ligne de compte dans un discours rationnel à propos d’une problématique scientifique.
Les directives ont été mises à jour en 2009 mais ne prennent toujours pas en compte la question du cancer, ni des effets à long terme non thermiques. L’ICNIRP donne comme limite d’exposition aux radiofréquences de 2 à 10 W/m2 selon les fréquences, toujours basé sur l’effet thermique à court terme (19). L’ICNIRP est une organisation privée (ONG) basée en Allemagne. Les nouveaux membres ne peuvent être élus que par les membres actuels de l’ICNIRP. Un certain nombre d’entre eux ont des liens avec des industriels qui dépendent des directives de l’ICNIRP. Ces directives sont d’une importance capitale du point de vue stratégique et économique pour les secteurs militaire, télécom et énergétique.
À la différence de l’ICNIRP, le rapport BioInitiative de 2007 et mis à jour en 2012, se fonde sur les effets non thermiques des radiofréquences (20,21). les repères scientifiques pour un possible effet sanitaire ont été évalués entre 30 à 60 µW/m2. En utilisant les directives plus souples de l’ICNIRP, cela laisse le champs libre à l’implémentation de nouvelles technologies sans fil tout en laissant de coté les effets non thermiques des radiofréquences. Un certain nombre d’effets sanitaires ne sont donc pas pris en compte comme le cancer (8), les effets sur les neurotransmetteurs et les neuroprotecteurs (22,23), sur la barrière hémato-encéphalique (24,25), les effets cognitifs (2629), les addictions (3032), le sommeil (3336), les problèmes comportementaux (3741) et la qualité du sperme (13,42,43).
Il ne fait aucun doute que la décision du CIRC a engendré une remise en question mondiale de cette évaluation. C’est le même effet lorsque le CIRC a étudié et évalué le tabagisme passif et l’a classé comme cancérogène en 1990 (44). Semer la confusion et créer le doute sur les faits scientifiques est une stratégie bien connue de la part de l’industrie du tabac mais aussi celles des autres secteurs d’activité (8,4548).

2. La Fiche d’informations de l’OMS

Une fiche d’information de l’OMS a été publiée en juin 2011 rapidement après l’annonce du CIRC en mai 2011 et indiquait ceci : « à ce jour, aucun effet sanitaire délétère n’a été établi en lien avec l’utilisation du téléphone portable » (http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs193/fr/). Cette déclaration n’était pas fondée sur des preuves scientifiques de l’époque sur l’effet cancérogène des radiofréquences. La conclusion de l’OMS était des plus marquante puisque le CIRC fait partie de cette même organisation, bien qu’il soit en apparence indépendant.
Cependant, il est aussi important de noter que la déclaration dans la fiche descriptive ne contredit pas entièrement les propos du CIRC. Le groupe 2B des carcinogènes est considéré par le CIRC comme un agent où l’association avec le cancer a été détecté et dont la causalité peut être interprété mais dont le hasard, les biais, ou des facteurs confondants ne peuvent être écartés avec une certitude scientifique. Par conséquent, la déclaration de la fiche descriptive est dans la lignée de la classification du CIRC bien que, il va de soi, que l’un sera interprété comme un rejet total d’un quelconque effet dommageable.
Dans la fiche d’information de l’OMS, il a été aussi indiqué que « L’OMS va conduire une évaluation formelle des risques de tous les résultats des effets des radiofréquences sur la santé étudiés depuis 2012. » La question pertinente est : Pourquoi l’OMS est aussi enclin à faire une nouvelle évaluation des risques aussi rapidement après celle du CIRC. Il était peu probable que de nouvelles publications scientifiques dans une si courte période ne changent la classification des radiofréquences du groupe 2B, comme cancérogène possible pour l’homme.
En considérant les déclarations de l’OMS comme quoi il n’y aurait « aucun effet sanitaire délétère », le but était sûrement d’enterrer la décision du CIRC et de donner carte blanche à l’industrie du point de vue sanitaire (8). Il se pourrait, cependant, que suite à la classification du CIRC, que L’OMS soit contraint de se pencher aussi sur les autres effets, et non seulement la question des tumeurs.

3. Le projet EMF de l’OMS

Le biophysicien australien Michael Repacholi a été le premier président de l’ICNIRP en 1992. Ces propres recherches dans ce domaine étaient assez minces, bien que l’une de ses études sur l’incidence des lymphomes chez la sourie exposée aux radiofréquences publiée en 1997 avait fait l’objet d’un certain intérêt (49). Repacholi a suggéré en 1995 que l’OMS lance le projet EMF (Ndlr : EMF = Champs électromagnétiques, CEM). Ce projet a été adopté par l’OMS en 1996, voir le communiqué du service de presse de l’OMS le 4 juin 1996 (50) : L’OMS a lancé un nouveau projet international afin d’évaluer les effets sanitaires des champs électriques et magnétiques. Repacholi a été durant la période allant de 1996 à 2006, le leader du département des radiations électromagnétiques au sein de l’OMS, et du projet EMF.
Le projet EMF était supposé, 1) fournir des informations sur la gestion des programmes de protection aux champs électromagnétiques aux autorités nationales et les divers autres organismes, cela incluait une monographie sur la perception des risques, la communication et l’encadrement des CEM; 2) fournir des conseils aux autorités nationales, aux diverses institutions, au public et aux travailleurs, au sujet des différents effets qui résulteraient de l’exposition aux CEM et des mesures pour maîtriser les risques (http://www.who.int/peh-emf/project/EMF_Project/fr/index1.html).
Michael Repacholi a immédiatement mis en place une étroite collaboration entre l’OMS et l’ICNIRP (étant à la tête des deux organisations), invitant les industriels de l’énergie, des télécoms et militaires à des colloques. Il s’est aussi arrangé à ce que le projet EMF soit financé par des lobbys de l’industrie des télécoms, comme la GSM Association ou le Mobile Manufacturers Forum, désormais appelée Mobile & Wireless Forum (51), comme l’on peut constater dans le rapport intermédiaire du projet EMF de l’OMS pour la période de 2005 à 2006 (http://www.who.int/peh-emf/publications/reports/IAC_Progress_Report_2005-2006.pdf?ua=1).
Repacholi s’est comporté comme s’il était un représentant pour l’industrie des télécoms lorsqu’il était responsable du département des effets sanitaires des CEM au sein de l’OMS (http://microwavenews.com/news/time-stop-who-charade). Depuis qu’il a quitté l’OMS en 2006, il a participé à des interviews de propagande faites par l’industrie, notamment par la GSM association et Hydro Quebec dans lesquelles il parle clairement en faveur du secteur des télécoms et de l’énergie (https://www.youtube.com/watch?v=fDZx7MphDjQ / https://www.youtube.com/watch?v=1MI_fa5YsgY).
Michael Repacholi est toujours le président émérite de l’ICNIRP (http://www.icnirp.org/en/about-icnirp/emeritus-members/) et a propagé à travers le monde et pendant plus de 20 ans le paradigme du ‘l’effet thermique uniquement’ concernant le risque sanitaire et l’exposition aux radiofréquences, tout en ignorant l’abondance de preuves sur les effets non thermiques et les risques de cancer.
Repacholi a recruté Emilie Van Devender au sein du projet EMF de l’OMS en 2000, elle occupe le poste de responsable de projet. Elle a été longtemps membre d’une des plus grosses organisations de l’industrie, l’Institute of Electrical and Electronics Engineers (IEEE). l’IEEE est la plus puissante fédération d’ingénieur. Ses membres sont, ou ont été, employés par des compagnies ou des organisations qui dépendent de la technologie des radiofréquences, comme les compagnies de l’énergie, des télécoms ou de l’industrie militaire. L’IEEE s’est concentré sur le lobbying international depuis des décennies et notamment sur l’OMS (http://www.ices-emfsafety.org/wp-content/uploads/2016/06/Minutes-TC95-Jan_16.pdf).
Van Deventer est une ingénieur dans le domaine de l’électrique,. Elle n’a aucune connaissance dans le domaine de la médecine, en épidémiologie ou en biologie, il est donc surprenant qu’elle ait été retenue pour un poste aussi important au sein de l’OMS (http://www.waves.utoronto.ca/people_vandeventer.htm)(http://www.itu.int/ITU-T/worksem/emc-emf/201107/bios.html).
Durant la même année de son recrutement au sein du projet EMF, le magazine de l’université de Toronto a écrit un article à propos du travail d’Émilie Van Deventer indiquant qu’il était « inestimable » pour l’industrie: « Le logiciel de modélisation fait par les équipes, comme celle d’Émilie Van Deventer est inestimable. Le comité représentant l’industrie est très intéressé par les capacités de nos recherches, précisa Van Deventer. « Nous avons toujours besoin de travailler sur les nouvelles générations de produits, c’est donc aux universités de faire le boulot de la recherche (http://www.research.utoronto.ca/edge/fall2000/content2b.html).
L’importance de ce travail s’illustre à travers du financement de son équipe qui a été en partie pris en charge par les organisations comme Natural Sciences & Engineering Research Council of Canada (NSERC), Communications & Information Technology Ontario (CITO), et un des partenaires majeurs de l’industrie, Nortel. « Nous sommes en train de répondre à des vrais besoins de l’industrie d’aujourd’hui, ce qui va améliorer la technologie et du même coup, augmenter les opportunités. Dans ce processus, les consommateurs pourront profiter d’ordinateur plus rapide, de téléphone portable plus léger, d’agenda électronique plus petit et un large éventail de gadgets électroniques que le monde du high-tech peut nous offrir. » (http://www.research.utoronto.ca/edge/edgenet/fall2000/a-clear-signal/)

4. L’OMS et les radiofréquences : La Monographie EHC (environmental heatlh criteria)

2 ans après « l’évaluation des risques » anticipée par l’OMS en 2012, une nouvelle ébauche a été lancée en 2014. Elle était en consultation publique jusqu’au 31 décembre 2014 (http://www.who.int/peh-emf/research/rf_ehc_page/en/), mais fermée depuis lors comme on peut le constater sur la page de garde de l’OMS.
Il y est déclaré que « le processus utilisé pour développer les différents chapitres sont décrits dans l’appendice X. A noter que le chapitre 1, 13 et 14, qui contiennent entre autres, un résumé, une évaluation des risques et les mesures protectrices n’étaient pas disponibles lors de cette consultation. Les conclusions à partir de la littérature scientifique et la rédaction de ces chapitres ont été attribués à un groupe de travail qui sera nommé par l’OMS dans une étape ultérieure. »
Cela devrait être considéré comme inhabituel et scientifiquement inadéquat de ne pas fournir l’évaluation des risques et les mesures protectrices lors de l’examen public de la monographie car elles en sont les parties les plus importantes. De plus, il s’avère que sur les 6 membres du groupe de travail principal, 4 sont des membres actifs de l’ICNIRP et un autre est un ancien membre de cette organisation. Cette information a été publiée en 2016 (52) et a été débattue récemment (8). Seule une personne semble être indépendante de l’ICNIRP (voir tableau n°1), plusieurs autres personnes sont affiliées à des groupes de consultation, à des autorités ou à des comités. Dans le groupe élargi, 6 des 20 experts sont affiliés à l’ICNIRP.
Être membre de l’ICNIRP est un conflit d’intérêts en soit dans le cadre de l’évaluation des risques sanitaires liés aux radiofréquences au vu de leurs liens avec les industries des télécoms et militaires. C’est particulièrement vrai lorsque l’on sait que les directives de l’ICNIRP sont d’une grande importance pour ces industries influentes. Un autre conflit d’intérêts pour les membres actifs de l’ICNIRP se situe au niveau de l’évaluation des possibles effets sanitaires qui apparaîtraient en dessous des seuils définis par leurs propres directives, qu’ils ont, de fait, déjà définis comme sans danger (52) . Ce genre de personne aura difficilement des opinions contradictoires que celles déjà définies par l’ICNIRP. L’esprit critique n’est donc pas présent et une évaluation équilibrée ne peut pas être obtenue.
Il est à noter que le bureau d’éthique Suédois de l’institut Karokinska de Stockholm, a déjà conclu en 2008, que le fait d’être membre de l’ICNIRP constituerait un conflit d’intérêts et qu’il devrait être mentionné officiellement à chaque fois qu’un de ses membres traite des risques sanitaires liés aux champs électromagnétiques (Institut Karolinska, ref. 3753-2008-609). Aucune remarque n’a été mentionnée concernant ce possible conflit d’intérêts dans le cadre de l’ébauche de la monographie de l’OMS sur les radiofréquences.

Plusieurs personnes ont envoyé des commentaires critiques à l’OMS sur les différentes lacunes de l’ébauche de la monographie sur les champs électromagnétiques. Dans la plupart des cas, l’OMS n’a pas répondu aux différentes remarques et c’est à se demander si aucune d’entre elles n’a fait l’objet de considération. À cause du peu de temps imparti pour faire remonter les différentes objections, nos commentaires (Lennart Hardell, Michael Carlberg) ne portent que sur la section 12.1 concernant l’épidémiologie du cancer. Nos conclusions datent du 15 décembre 2015 : « En conclusion, le document de travail de l’OMS est biaisé car il tend vers des résultats qui n’ont pas de valeurs en soit. Les découvertes concernant l’association entre l’utilisation du téléphone portable et l’augmentation du risque de tumeur est mal interprétée, rapportée sélectivement voir carrément omise. Ce document ne peut donc pas être considéré comme une évaluation scientifique de l’augmentation du risque. Il doit être réécrit, d’une manière plus équilibrée par des scientifiques aguerris à l’épidémiologie et à l’oncologie, pas simplement des médecins, et qui ne fassent pas l’objet de conflit d’intérêts. »
De plus, après la date officielle de la consultation publique, plusieurs autres remarques ont été envoyées à l’OMS. Le professeur Michael Kundi, de l’institut de santé environnemental de Vienne, a déclaré dans une synthèse datant du 12 janvier 2015 : « j’ai été en capacité d’examiner le chapitre 12 au sujet du cancer et seulement sur la partie épidémiologique. Tandis que l’équipe qui s’occupait de l’EHC (Critère de santé environnementale) a fait du très bon travail en retenant la littérature scientifique pertinente, même si quelques études récentes manquent à l’appel, je ne suis pas complètement satisfait de l’évaluation des preuves scientifiques. Il y a un manque de neutralité flagrant dans les commentaires sur les études qui démontrent un effet en contraste avec celle qui ne démontre aucun effet. Seules les lacunes évidentes des études qui ne montrent pas d’effet sont mentionnées, tandis que pour les études positives, les constations sont abordées de façon pointilleuses, et parfois avec des présomptions sur les potentiels risques de biais qui sont un peu tirées par les cheveux. C’est une différence flagrante avec les autres monographies EHC dont les preuves sont discutées sans négliger les potentiels effets nocifs. Mes commentaires qui font référence à des points précis de la monographie sont détaillés dans les pages suivantes. »
Le groupe de travail BioInitiative a publié le 19 décembre 2016 un courrier intitulé « Aucune confiance » au chef de projet du programme EMF de l’OMS : « Le groupe Bioinitiative invite l’OMS a faire des changements au niveau des membres du groupe de travail principal sur l’EHC afin qu’il reflète l’appartenance et l’expertise des membres du groupe du travail du CIRC sur les radiofréquences en 2011. Pour le moment, ce groupe actuel qui s’occupe de l’EHC n’est pas différentiable de l’ICNIRP… Enterrant de par le fait la crédibilité du processus et insinuant le doute sur les conclusions à venir. Même si un retard peut être considéré comme une avancée, il n’en reste pas moins qu’un résultat acceptable dépend essentiellement de la confiance qu’en a le public. Il existe des centaines de papiers scientifiques de très bonne qualité qui constatent un possible effet non thermique sur la santé et les experts qui les ont rédigés sont plus que qualifiés en vertu de leurs recherches et pourtant ils sont complètement absents du processus… Que ce soit les résultats de la recherche sur l’animal ou sur l’homme, ils sont maintenant disponibles pour être inclus dans l’évaluation EHC sur les radiofréquences. Cet effort important ne peut être assuré qu’avec un groupe de travail plus équilibré. Tout comme il faudrait inclure dans ce groupe des membres de pays sous-représentés comme la Russie, la Chine, l’Inde, la Turquie ou l’Iran, là où les comités de recherche ont produit le plus d’études sur ces effets non thermiques ces dernières années. » (http://www.bioinitiative.org/report/wp-content/uploads/2016/12/BIWG-final-draft-WHO-RF-EHC-Monograph-team-composition.pdf)
Cette lettre fut suivie par une autre en date du 24 janvier 2017 incluant une liste d’experts susceptibles de remplacer des membres actuels du groupe de travail principal du projet EMF. « Nous n’avons pas encore eu d’accusé de reception comme quoi notre courrier avait été pris en compte… Il est important que les personnes les plus informées puissent se préparer lors d’une éventuelle convocation afin de travailler sur la monographie de l’OMS. Pour le moment les membres du groupe qui s’occupent de l’EHC, représentent quasi exclusivement les positions scientifiques de l’ICNIRP, une organisation dont les membres s’obstinent à refuser les nouvelles preuves scientifiques sur un potentiel risque sanitaire d’un effet non thermique des radiofréquences de faible intensité, malgré les récentes avancées des connaissances scientifiques sur ce sujet. Veuillez noter que nous suggérons de remplacer l’ensemble de ces personnes qui ont ce type de positions. »(http://www.bioinitiative.org/report/wp-content/uploads/2017/01/BIWG-EHC-substitution-letter.pdf)
Un appel pour une protection contre les expositions aux radiations non ionisantes a été lancé par l’appel scientifique international sur les champs électromagnétiques, initialement publié le 11 mai 2015 et dont la dernière version date du 27 janvier 2017, il a recueilli 222 signatures parmi 41 nations : « Nous sommes des scientifiques impliqués dans l’étude des effets biologiques et plus généralement sur la santé des champs électromagnétiques (CEM)… Ces effets inclus l’augmentation du risque de cancer, le stress cellulaire, l’augmentation de radicaux libres nocifs, les dommages génétiques, les modifications de la structure et du fonctionnement du système reproductif, les troubles neurologiques et tous les impacts négatifs sur le bien-être chez l’humain. Ces dommages vont bien au-delà de la seule question de l’être humain, il y a de plus en plus de preuves qui tendent à démontrer des effets nocifs que ça soit sur les plantes ou sur le monde animal. Ces résultats justifient notre appel émis auprès des Nations Unies et à tous ses membres à travers le monde, pour encourager l’organisation mondiale de la santé à devenir le leader dans le développement d’un encadrement plus protecteur au sujet des CEM, en encourageant la mise en place de mesures de précaution et en mettant en place une politique d’information du public au sujet des risques sanitaires, plus particulièrement concernant les enfants et le développement fœtal. En ne prenant aucune action, l’OMS manque à son rôle d’agence sanitaire internationale prééminente. » (https://emfscientist.org/index.php/emf-scientist-appeal)
Un communiqué de presse a été publié le 24 février 2017 par la coordination des organisations européennes pour une régulation de l’exposition aux CEM qui protège réellement la santé du public. Les organisations représentant « les citoyens européens » ont cependant oublié dans leur lettre l’un des aspects des conflits d’intérêts qui touchent les membres de l’ICNIRP qu’est l’évaluation des effets en dessous des normes de leurs propres directives, comme on a pu le voir plus en amont. Ces organisations déclarèrent « que le scandale des conflits d’intérêts continu de se répéter au sein de l’OMS : les organisations des citoyens européens ont découvert ce type de conflit entre le groupe d’experts de l’OMS qui s’occupent du sujet de la santé et des radiofréquences avec l’industrie des télécommunications et de l’énergie. Près de 40 organisations et plate-formes européennes (ce qui s’avéra être des organisations social locale, régionale et nationale), soutenue par l’alliance internationale EMF (IEMFA), dénoncent le flagrant conflit d’intérêts du groupe d’experts qui a produit le travail préliminaire de l’OMS sur la monographie EHC sur les radiofréquences…
La prépondérance de la présence de membres appartenant à la commission sur la protection des radiations non ionisantes (ICNIRP) nous rappelle que cette organisation (et les autres institutions qui ont adopté les mêmes positions) refuse de prendre en compte les nouvelles preuves sur les potentiels effets sanitaires non thermiques de ces radiations de type radiofréquence de basse intensité, et malgré les récentes avancées au niveau des connaissances scientifiques sur le sujet. L’ICNIRP ne garantit non seulement pas la transparence et son indépendance mais surtout que les conflits d’intérêts de ses membres sont largement connus et signalés, en cause, leurs relations avec les compagnies de télécommunications et d’électricités, qui de par ce fait, altère l’impartialité qui devrait régner dans le cadre de la mise en place des standards de régulation de l’exposition aux radiations non ionisantes. » (http://www.peccem.org/DocumentacionDescarga/Plataforma-Estatal/notasprensa/European.coordination.press.release-february-2017.pdf)
Un courrier datant du 1 mars 2017 du comité national russe sur la protection des radiations non ionisantes, a été envoyé à la directrice du département de « santé publique et environnementale » de l’OMS, Maria Neira et en copie au Dr. Emilie Van Deventer: « Il a été porté à notre attention que le groupe de travail sur les radiofréquences au sein de l’OMS est constitué principalement de membre actif, ou d’ancien membre de l’ICNIRP. Du point de vue général, le groupe de travail n’est pas équilibré et…. L’organisation privée dont les membres sont auto-désignés qu’est l’ICNIRP, dont on retrouve des similitudes avec les membres du groupe de travail actuel sur les radiofréquences de l’OMS, ne reconnaissent pas les effets non thermiques des radiofréquences… De plus, les directives de l’ICNIRP ne sont plus d’actualité à la situation présente dès lors que la majorité de la population à travers le monde est chroniquement exposée à des radiofréquences à des niveaux non thermiques via la téléphonie mobile. » (http://www.radiationresearch.org/articles/rusncnirp-letter-to-who/), lettre disponible ici.

5. Effet sanitaire chez l’homme des radiations non ionisantes – réunion informelle au sein de L’OMS du 3 mars 2017

Il est assez évident que si nous connaissions ce qui se trame en coulisses en ce qui concerne la monographie sur les radiofréquences au sein de l’OMS, ça serait une information pour le moins importante, spécialement sur le fait que jusqu’à présent il n’y a eu aucune réponse aux différents commentaires soumis durant la consultation publique. 9 mois après le premier contact avec le Dr Maria Neira, elle a fini par accepter d’organiser une réunion en lien avec les effets des champs électromagnétiques sur la santé à son bureau situé à Genève. La requête d’une réunion venait de chercheurs indépendants de différentes universités. Cette réunion informelle fut donc organisée le 3 mars 2017. (http://eceri-institute.org/fichiers/1490952497_newsletter_ECERI_5.pdf)
Le Dr Maria Neira était présente en tant que directrice du département de santé publique et environnementale de l’OMS. le Dr Emilie Van Deventer y participait aussi en tant que chef d’équipe du programme sur les radiations au sein de l’OMS, ce qui englobe les effets sanitaires sur l’homme des radiations ionisantes et non ionisantes. Elle travaille pour l’OMS depuis l’année 2000 lorsqu’elle était à la tête du projet EMF, le programme InterSun sur les ultraviolets et le projet international sur les radons. Le Dr. Van Deventer a décroché son doctorat en ingénierie électrique au sein de l’université du Michigan. Elle a été professeur adjointe en ingénierie électrique et informatique, financé par l’industrie des télécommunications à l’université de Toronto au Canada de 1992 à 2000. Elle représente l’observateur de l’OMS au sein de la commission principale de l’ICNIRP, elle participe également aux autres réunions de cette organisation (http://www.itu.int/en/UIT-­T/Workshops-­and-Seminars/emf/201307/Pages/vanDEVENTERTaheraEmilie.aspx). Elle est aussi l’un des 8 membres de l’Autorité suédoise de sûreté radiologique (SSM).
Le temps alloué à cette réunion était d’une heure et demie au sein d’un bureau de l’OMS. Le Dr Maria Neira à ouvert cette réunion en mettant l’accent sur le fait que ce rassemblement était informel. Elle indiqua que son département était prêt à avoir un esprit critique sur cette question scientifique. En plus de moi-même, 4 autres experts étaient présents. Ces experts ont donné de courtes présentations sur les effets sanitaires des radiofréquences, notamment concernant les effets biologiques à des niveaux non thermiques, un aperçu des études épidémiologiques sur le risque de tumeur au cerveau, l’hyper-sensitivité aux ondes (EHS), et finalement sur les mécanismes épigénétiques par lesquels les enfants seraient plus vulnérables aux radiofréquences. Évidemment, ces présentations ont été assez courtes pour donner du temps aux discussions, la partie la plus importante de cette réunion.
L’équipe participante était constituée de 5 experts qui ont des connaissances avancées sur le sujet, de par leurs propres recherches dans ce domaine et ont proposé leurs collaborations à l’OMS, spécialement afin de finaliser la monographie EHC sur les radiofréquences. Le Dr Maria Neira a indiqué clairement qu’aucune collaboration avec l’OMS n’allait être considérée, et de plus, qu’il n’y aurait plus de réunion avec ce groupe. Cependant, elle est ouverte à l’intégration de nouvelles données. Elle indiqua que concernant l’ICNIRP, il n’y a pas de conflit d’intérêts puisque c’est une organisation collaboratrice de l’OMS. Le groupe de scientifiques a été, comme mentionné ci-dessus, invité à transmettre des publications validées par des journaux scientifiques et si possible, des méta-analyses, la meilleure chose à faire selon elle.
Il est considéré par les représentants de l’OMS que l’ICNIRP est une ONG qui a une relation officielle avec cette organisation internationale et « qui nous aide dans nos analyses », et ses membres travaillent comme experts au sein de l’OMS. Malgré le fait que 5 des 6 membres du groupe principal de travail sont affiliés à l’ICNIRP pour la monographie, L’OMS ne semble pas avoir l’intention de révoquer ces membres. D’un autre côté, le groupe de travail n’est pas finalisé. D’après les informations transmises lors de cette réunion informelle, les experts ont été sélectionnés sur la base de leurs compétences et non en tant que membre ou ancien membre de l’ICNIRP. De plus, la responsabilité concernant les documents sur la directive de l’OMS est totalement endossée par cette dernière. La date de publication de la monographie sur les radiofréquences n’est pas encore connue. L’OMS reste en alerte concernant les nouvelles preuves et continue d’ajouter de nouvelles publications à sa monographie.
Le fait que le bureau d’éthique Suédois de l’institut Karokinska de Stockholm ait statué que l’appartenance à l’ICNIRP était considérée comme un conflit d’intérêts et devait être déclarée dans les publications scientifiques a été mentionné lors de la réunion. L’OMS n’était pas au courant et à promis d’y jeter un œil. Il est évident que ce conflit d’intérêts s’applique à la quasi-totalité des membres du groupe principal qui s’occupent de la monographie, et aux autres experts qui gravitent autour de ce projet, sans parler du cas du Dr Emilie Van Deventer et globalement du projet EMF et de cette monographie.

6. Exposition aux radiofréquences au sein de l’immeuble de l’OMS à Genève.

Dans notre projet en cours sur l’évaluation de l’exposition aux radiofréquences dans différentes villes, Genève fait partie de notre étude. Les résultats de certains quartiers de Stockholm en Suède ont d’ores et déjà été publiés (16,17) et seront utilisés comme point de comparaison par rapport à l’implémentation des nouvelles technologies dans le futur. À Genève, les mesures ont été faites au sein de l’immeuble de l’OMS, au niveau de l’entrée principale, dans certains couloirs et dans la salle de réunion. Ces résultats encore non publiés ont été communiqués aux représentants de l’OMS, en indiquant qu’ils seront publiés dans un avenir proche. Cela n’a donné lieu à aucune réaction de la part de l’OMS.
Un exposimètre de type EME spy200 a été utilisé, calibré au préalable, afin de récolter les données d’exposition. L’exposimètre mesure 20 bandes de fréquences prédéfinies de 88 à 5850 MHz. Le temps entre chaque échantillonnage était de 4 dixièmes de seconde, ce qui est la prise de mesure la plus rapide pour cet exposimètre, pour plus de détails, voir nos publications. Pour les fréquences suivantes FM, TV3, TETRA, TV4&5, WIFI 2G et 5G, la plus basse détection se fait à un niveau de 0.01 Volt par mètre (0.27*W/m2), pour toutes les autres bandes de fréquences, la plus basse limite est de 0.005 V/m (0.066µW/m2) (16,17).
Les résultats, visibles dans le tableau 2, montrent la moyenne des niveaux d’exposition qui est de 21,5 µW/m2, en dessous du seuil compris de 30 à 60 µW/m2 qui est proposé comme « le niveau le plus bas où un effet est observé » (LOEL) pour les radiofréquences, voir le chapitre 24 du rapport BioInitiative (21). Il est à noté que pour la moyenne, et uniquement celle-ci, il est possible de faire un calcul mathématique à partir des moyennes de chaque bande de fréquences, ce qui n’est pas possible pour les médianes, les minimums (min) ou les maximums (max). Les sources majeures d’exposition provenaient du GSM (2G) et de l’UMTS 900 DL (3G), GSM 18000 DL et UMTS 21000 DL (3G), Downlink (DL) ou voie descendante sont les sources d’expositions qui proviennent des antennes-relais en dehors de l’immeuble. Le résultat de l’exposition totale est présenté dans le diagramme en boîte de la figure 1. Dans la figure 2, c’est l’exposition sur la durée qui est présentée. La plupart des radiations de type radiofréquence étaient en dessous du seuil des 30µW/m2, le LOEL, le seuil à partir duquel on constate un risque pour la santé se concrétise par la ligne horizontale. Le pique le plus élevé a été de 423,3 µW/m2, mesuré à 15:54:07. La plus grosse contribution provient du GSM 1800 (DL), 268,2 µW/m2, et de l’UMTS 2100 (DL), 110,4 µW/m2. Cela a été mesuré à l’entrée de l’immeuble et représente les radiations provenant des stations de base du voisinage.
L’exposition au sein de l’immeuble de l’OMS est vraiment basse comparée aux autres mesures comme par exemple pour les mesures à la gare centrale de Stockholm, là où les gens ne font généralement que passer mais dont certains sont présents à longueur de journée comme les services de sécurité, les équipes de police, les serveurs, les vendeurs, les concierges, les personnels d’accueil, etc… (voir figure 3 et 4). Ici, la moyenne totale des expositions arrondie à celles des plus basses est de 2 817 µW/m2, la plupart provenant des voies descendantes d’antennes-relais GSM, 3G et 4G (16). Les niveaux d’exposition au niveau de l’immeuble de l’OMS sont 130 fois plus basse que pour celle de la gare centrale de Stockholm.

7. Conclusions

La réunion à l’OMS était évidemment décevante. Durant les discussions, les représentants de l’OMS ont montré que peu d’intérêt à la collaboration avec les scientifiques invités à cette rencontre malgré les preuves scientifiques sur les effets sanitaires. Les experts maisons semblent être des membres de l’ICNIRP, même si ce n’est pas exclusivement le cas. Mais c’est l’une des raisons qui expliquerait que seuls les effets à court terme des radiations de type radiofréquences sont acceptées comme preuve de nocivité, et pourquoi les effets biologiques non thermiques sont ignorés. Dans l’ébauche de la monographie, un nombre non négligeable de publications scientifiques sur ces effets ont été rejetées, tout comme elles l’ont été par l’ICNIRP (19). Le plus remarquable, c’est que l’OMS n’a aucune intention de remplacer les membres qui sont affiliés à L’ICNIRP et présents dans le groupe principal d’expert. Ce qui donne à l’ICNIRP, l’accès totale pour influencer la monographie. À la vue des intérêts économiques qui dépendent des directives de l’ICNIRP, et les plusieurs membres experts qui ont des liens d’intérêts avec l’industrie, il ne fait aucun doute que l’on est en présence d’un cas de conflit d’intérêts caractérisé qui va sérieusement mettre à mal la crédibilité de la monographie sur les radiofréquences mais aussi la crédibilité de l’OMS en tant que protecteur de la santé de l’humanité.
Encore plus grave, la monographie sera considérée comme une référence pendant des années concernant l’évaluation des risques sanitaires des radiofréquences et elle trace la route à une augmentation de l’exposition de ces radiations que ça soit pour les personnes et aussi pour l’environnement comme avec l’implémentation de la 5G et l’internet des objets (IOT), etc …
Les enfants et les adolescents seraient plus sensibles aux radiofréquences que les adultes (2). Donc, en tant qu’autorité sanitaire, l’OMS a l’obligation de référencer l’ensemble des résultats de la recherche scientifique et faire appel à l’ensemble des experts des différents champs d’expertise comme l’ingénierie, la santé ou la médecine afin de réévaluer les effets sanitaires en incluant les effets non thermiques. Les agences associées à cette recherche devraient lancer leur propre projet objectif et transparent afin de faire cette évaluation. Le projet EMF a été lancé il y a de cela plusieurs années, et depuis, de nouvelles technologies numériques sans fil ont été développées et de nouveaux objets sans fil se sont popularisés dans un laps de temps assez court.
Les remarques et les protestations par les experts scientifiques et les différentes organisations ont été ignorées. La monographie semble être favorable à l’industrie et aux politiques plutôt qu’à la promotion de la question sanitaire et scientifique. Comme conclusion définitive, une analyse de l’ensemble de l’ébauche devrait être réalisée. Maintenant, il est temps à la population, aux ONG et aux experts de faire pression sur les politiques afin de changer l’agenda de l’OMS sur la question des radiofréquences et de faire en sorte que le but de l’OMS soit de défendre la santé mondiale et non pas celle de l’industrie. Il est aussi temps de commencer à évaluer les compétences des personnes qui font ces évaluations et prennent les décisions dans le cadre de la monographie. Il convient de remarquer que certains membres de l’ICNIRP (52) ont publié des informations scientifiques incorrectes ou trompeuses. Il n’est pas connu à ce jour si l’OMS a pris en compte les preuves de ces mauvaises pratiques scientifiques.
Afin d’évaluer le risque de cancer, il est nécessaire d’intégrer des scientifiques qui ont des compétences en médecine, et spécifiquement en oncologie. À cela s’ajoute la question des intérêts personnels, tout du moins à court terme, pourquoi refuser les publications scientifiques sur les effets environnementaux et les effets sanitaires des radiofréquences? Ironiquement, que cette question du risque sanitaire soit prise au sérieux ou non, les équipes de l’OMS semblent se protéger d’une exposition aux radiofréquences élevée comme le démontrent les mesures au sein de l’immeuble de l’OMS à Genève, tout du moins dans les endroits qui ont fait l’objet de mesure.

Contribution :

Cette étude a été réalisée avec la participation de Mr Brian Stein, och, allergologue, cancérologue

Source : World Health Organization, radiofrequency radiation and health – a hard nut to crack

@+ Jay

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