Thaïlande : comme un doute sur les ondes

« Quand l’agence de télécommunication thaïlandaise s’interroge sur les effets sanitaires des radiofréquences et questionne l’OMS… »

La technologie ressemble par bien des aspects à la monnaie, si les acteurs économiques n’ont plus confiance en elle, le billet que vous avez dans votre poche ne vaudra même pas le prix qu’il a fallu pour l’imprimer. Il en va de même pour les technologies et dont les radiofréquences n’y échappent pas, s’il y a perte de confiance du public et des institutions, sa valeur se dépréciera en conséquence.

Quand on sait que les technologies sans-fil génèrent des milliards d’euros de chiffre d’affaires que ça soit dans la téléphonie mobile ou dans les objets connectés, c’est donc un enjeu économique majeur de nos sociétés modernes et il vaudrait mieux éviter d’écorner son image pour le bien de cette industrie. Seulement voilà qu’arrive le premier grain de sable en provenance du Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC), une branche de l’OMS, qui va classer les Ondes non-ionisantes comme cancérogène « possible » (2b) en 2011.

Mais ce classement avait une portée limitée car il ne portait que sur des preuves se basant essentiellement sur des études épidémiologiques qui relevaient un taux de cancer plus important chez les gros utilisateurs de téléphonie mobile. Il manquait donc des études scientifiques qui démontraient la réalité de ce risque… Et c’est près de 7 ans après cette décision que déboulent les résultats de l’étude scientifique du Programme Nationale de toxicologie (NTP) qui viennent de confirmer ce risque.

Cette étude devait évaluer l’effet cancérogène des radiofréquences émises par le GSM et le CDMA, normes de téléphonie mobile de deuxième génération, sur des rats et des souris tout au long de leur vie. Au terme des expériences scientifiques, les équipes du NTP vont relevées certains type de cancer comme des gliomes, des cassures de brin d’ADN au niveau du cerveau et surtout des schwannomes du cœur chez les rats mâles avec un effet dose/réponse notable. Les mêmes types de cancer que l’on retrouve chez les gros utilisateurs de téléphonie mobile qui touchent les cellules gliales dans le cadre des glioblastomes et les cellules de Schwann pour les neurinomes acoustiques.

C’est dans ce contexte que l’agence des télécommunications thaïlandaise (NBTC) demande formellement à l’agence mondiale de la santé (OMS) de clarifier la question du risque sanitaire des radiofréquences provenant des antennes-relais. Le secrétaire général du NBTC, Takorn Tantasith, a donc envoyé au mois d’octobre une lettre à l’OMS afin de répondre aux attentes des populations qui sont confrontées à l’expansion des infrastructures de téléphonie mobile et qui s’accompagne de plaintes au sujet des risques sanitaires provenant des riverains.

Le dernier avis de l’OMS de 2014 était assez rassurant quant aux effets des radiofréquences, à court terme, seul l’effet thermique est réellement reconnu. À long terme, l’effet cancérogène lié aux radiofréquences révélé par les études épidémiologiques pris en compte par le CIRC, ne l’est pas aux yeux de l’OMS, qui considère que ce lien peut être difficilement établi du fait du laps de temps entre l’exposition et la détection du cancer. De plus, le fait que le portable ne se soit démocratisé après les années 1990, ces études épidémiologiques n’évalueraient donc des cancers apparaissant à court terme, ce que l’on ne retrouverait pas dans les études scientifiques animales.

Quoi qu’il en soit, en attendant la mise à jour de l’avis de l’OMS, d’autre agence comme la FDA américaine n’a pas été aussi frileuse au sujet des radiofréquences et balaye d’un revers de main l’étude du NTP, alors que c’est elle-même qui l’avait commandé pour évaluer les risques sanitaires lié à la téléphonie mobile. A croire que tous n’ont pas conscience qu’ils ont entre leurs mains la vie de milliers d’individus et que pour l’instant seuls les bénéfices économiques comptes. C’est donc tout à l’honneur du NBTC d’avoir une approche critique vis-à-vis de ces technologies, reste à savoir si l’OMS se remettra en question dans sa réponse à l’agence thaïlandaise… ou pas…

@+ Jay

Source : NBTC asks WHO for clarity on telecom base health risks – bangkokpost.com

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