Cancérogénicité des ondes, le NTP passe aux mécanismes

Cassure d’ADN, stress oxydatif et expression génique sont au programme…

Source : MicrowaveNews.comNTP Turns to Mechanisms – 17/09/2019

Le Programme National de Toxicologie U.S. (NTP) est sur le point d’entrer dans une nouvelle phase dans le cadre de son projet au long cours sur les radiofréquences. L’année dernière, le NTP avait conclu que les radiations issues des radiofréquences pouvaient causer le cancer, et à partir de maintenant, il va commencer une recherche systémique sur les mécanismes qui expliqueraient comment ces tumeurs ont pu se développer. Le démarrage de ces travaux est attendu en fin d’année.

Le plan de recherche est assez vaste. Cela inclut des études sur l’expression génique, le stress oxydatif et la réparation et les dommages de l’ADN, tout comme le rôle joué par une augmentation thermique. D’autres pistes sont au programme de l’agenda du NTP et vont porter sur le stress et le comportement.

Nous sommes « optimistes » dans le fait que l’on puisse détecter les changements au niveau de l’expression génique et identifier les biomarqueurs induits par l’effet de ces radiations indiqua Michael Wyde, un membre du NTP. Il est le responsable de ce nouveau projet. Il va continuer à travailler avec John Bucher, l’ancien directeur associé du NTP, qui mena l’étude animale dont le budget était de 30 millions de dollars, et qui montra « une preuve évidente » que les radiofréquences pouvaient aboutir à des tumeurs malignes chez les rats mâles.

Le NTP a d’ores et déjà rapporté des constatations sur les cassures d’ADN, détectées lors des tests des comètes chez les animaux exposés, notamment au niveau du cerveau où les rats ont développé des tumeurs ultérieurement. Ces résultats, présentés lors d’une conférence il y a de ça 2 ans, on été soumis à publication. L’article est en ce moment même en cours d’évaluation d’après Sheena Scruggs du NIEHS, l’office des communications et de l’information au public. (Le NTP et le NIEHS sont étroitement liés)

Comment les radiations peuvent-elles endommager l’ADN ?

Le fait que le NTP ait retenu les dommages ADN ajoute une crédibilité aux constatations faites sur l’animal, déclara Ron Melnick. « c’est très favorable. » Melnick était le responsable de l’équipe qui a conçu l’étude du NTP. Il n’est plus actif au sein du NTP depuis 2009

Cependant, nous ne connaissons pas comment les radiofréquences peuvent-elles induire des dommages sur l’ADN. Dans une interview, Henry Lai expliqua que « les cassures d’ADN en eux-mêmes ne nous donnent aucune information sur les mécanismes en présence ». 25 ans plus tôt, les professeurs Lai et N.P. Singh étaient les premiers à démontrer que ce type de radiation pouvait induire des cassures d’ADN, comme ce qui a été observé dans les cerveaux des rats.

Il fait consensus que les radiations issues des radiofréquences ne sont pas assez puissantes en elles-mêmes pour casser les liens chimiques et de ce fait, il est impossible qu’elles puissent mettre en pièces l’ADN. Au départ, les professeurs Lay et Singh ont proposé deux mécanismes : le stress oxydatif et l’altération de la réparation de l’ADN. Le stress oxydatif est l’un des précurseurs de la séquence d’événements qui conduisent à l’augmentation du nombre de radicaux libres, des molécules biologiquement actives qui peuvent endommager l’ADN. L’alternative, c’est que ces radiations pourraient empêcher la capacité des cellules à réparer leurs cassures d’ADN, processus naturel et assez courant.

En 1997, 2 années après leur étude d’origine, les professeurs Lai et Singh ont découvert des preuves de l’implication du stress oxydatif. Quand ils ont traité les rats avec de la mélatonine, une hormone naturelle qui neutralise les radicaux libres, avant une exposition aux radiofréquences, il n’y avait plus de cassure d’ADN. Si ces radiations peuvent en fait générer des radicaux libres, ils soulignent que les risques ne se limitent pas aux cancers mais peuvent aussi inclure un vieillissement prématuré, tout comme la maladie d’Alzheimer, la sclérose en plaques et d’autres maladies neurologiques.

Pour Melnick, « s’il devait réaliser le projet, je porterais mon attention au lien entre le stress oxydatif et les dommages d’ADN. « C’est tout à fait faisable ».

Dans un récent examen de plus de 100 articles scientifiques, il a été constaté que plus de 90% d’entre eux « confirmaient que les radiofréquences induisent des effets oxydatifs dans les systèmes biologiques ». Ce fut publié dans le journal scientifique Electromagnetic Biology and Medecine en 2016.

Pour Wyde du NTP, la première étape est « de faire la réplication du test des comètes » afin de confirmer que les radiofréquences endommagent bien l’ADN. Il exprime ses incertitudes dues aux nombreuses variations des niveaux de cassures constatées dans les expérimentations de la première étude du NTP et du faible nombre d’animaux utilisés. Si les cassures sont répliquées, Wyde prévoit de mener des tests additionnels, « plus spécifiques et plus robustes » afin d’évaluer les dommages de l’ADN et examiner les enzymes liées à leurs réparations.

Des chambres d’exposition plus réduites

Pour cette nouvelle phase du projet sur les radiofréquences, le NTP s’est tourné vers sa fondation de Zurich IT’IS afin d’élaborer et construire des nouvelles chambres de réverbération, qui sont plus compactes et moins coûteuses que les premières unités construites à l’époque pour l’étude originelle et dont le gros défaut était leurs tailles conséquentes. Comme les précédentes, ces unités plus petites vont pouvoir laisser les animaux bouger à leur guise quand ils seront exposés à des radiations de fréquences de 900MHz et 1800MHz. Chacune d’entre-elles peuvent héberger jusqu’à 10 animaux.

Le NTP a décliné toute discussion sur les nouvelles configurations d’exposition, déclara seulement que les informations seront publiées sur leur site web en temps voulu. Niels Kuster, le directeur de la fondation IT’IS, a confirmé que 4 nouvelles chambres d’exposition ont été livrées au campus du NIEHS/NTP au niveau du Research Triangle Park.

Pour le moment, le NTP prévoit de faire des études uniquement sur des animaux. Quand l’on demande s’il y aura des expérimentations In Vitro (utilisant des cellules vivantes), l’office des communications nous a répondu que la faisabilité de ces expérimentations est « toujours à l’étude ».

Dans un récent article sur leur site Web, le NTP a annoncé qu’il était au milieu de l’évaluation de la littérature sur les plus hautes fréquences utilisées par la 5G.

@+ Jay

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