Faut-il avoir peur des ondes ?

C’est avec ce titre qu’on pourrait qualifier de légèrement anxiogène que Publique Sénat a diffusé un docu-débat sur les électrosensibles en janvier dernier, la première partie était consacrée au documentaire intitulé « Cherche zone blanche désespérément » de Marc Khanne, qui s’en est suivi par un débat avec différents intervenants dans le domaine des ondes. Pour éviter d’effrayer le spectateur, le documentaire en question a été diffusé en seconde partie de soirée à 22 heures, c’est toujours mieux que le documentaire Finlandais, Victimes des ondes, qui avait été diffusé à quasiment 4 heures du matin par ARTE pour toucher le plus de monde possible …

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Le documentaire de Marc Khanne est assez bien fait dans le sens ou une grande partie est consacré à la parole de ceux qui sont malades des technologies sans fil, sans aucune arrière-pensée ou jugement de quelque sorte que ce soit, ce qui permet au spectateur de faire son propre avis. Ajouté à cela que les témoignages sont assez cohérents dans l’ensemble et ils mettent bien en exergue les problèmes que l’on rencontre lorsqu’on devient à son tour malade des ondes, ce qui tord le coup aux idées préconçues de type peurs irrationnelles ou encore les discours qui tendent a associer cette maladie à une technophobie alors que dans les faits, il faudrait plutôt parler de technopathie.

Une première chose que l’on constate c’est l’hétérogénéité des malades que ça soit au niveau de l’âge, ça peut très bien toucher des jeunes comme des étudiants, des actifs ou des personnes plus âgées qui sont en retraite. Idem pour les catégories socioprofessionnel, aucun profil particulier se détache, on retrouve une éducatrice spécialisée, un ingénieur dans la téléphonie, une écrivaine pour le théâtre, un artisan, et même des médecins. Autre différence de taille, ce n’est pas un problème franco-français, ce phénomène touche différents pays comme les USA, l’Angleterre ou le Japon alors que la plus-part de ces populations n’ont jamais été en relation.

En revanche, ce qu’ils ont tous en commun, c’est un ensemble de symptômes qui se recoupent à travers les témoignages et dont la corrélation avec les ondes électromagnétiques artificielles a été identifiée par les malades. Lorsqu’ils sont exposés sur un laps de temps plus ou moins long à une source de champs électromagnétique des effets secondaires se déclarent. Les plus récurrents sont notamment les acouphènes, des douleurs thoraciques, épuisement, problème de concentration, perte de la mémoire de travail, tout un tas d’effets qui avaient déjà été observés par les radaristes d’après le docteur Pierre Le Ruz (CRIIREM) et qui ont été regroupés sous le nom de syndrome du micro-onde.

Une fois ce constat que les ondes sont nocives pour leur santé, les malades ne trouvent pas de réponse adéquate à leur pathologie, car pour le moment, elle n’est pas reconnue par les autorités sanitaires. Paradoxalement, le directeur général adjoint scientifique de l’ANSES, Gérard Lasfargues, reconnaît que « potentiellement un nombre non-négligeable de personne dans la population » pourrait être touchée. Mais pour l’instant, les causes psychologiques sont priorisées et s’appuient notamment sur une méta-analyse d’étude en double-aveugle co-réalisée en partie avec des psychologues … Pour le moment, seul le docteur Belpomme en France et le centre breakspear en Angleterre tentent de répondre à cette attente.

L’autre problématique après la santé, la maîtrise de son environnement et la quête pour trouver un habitat qui soit adapté à cette pathologie. Chose de plus en plus ardue, vu comment la technologie du sans-fil se propage, routeur WIFI, portable, DECT, antennes relais, antennes TNT etc … Tout ces objets transforment la vie de ces électrosensibles en enfer, ils sont contraints de dormir dans leur voiture pour certains, pour d’autre le déménagement en province s’impose afin de fuir les grandes villes. Dans certains cas extrêmes, ils se réfugient dans des bois ou dans des grottes, ce qui mène inéluctablement à la désocialisation et à l’effacement à plus ou moins long terme de leurs existences de cette société.

Finalement, ce documentaire met bien en perceptive les différentes problématiques qu’engendre l’électrosensibilité et ses conséquences à travers ces différents témoignages. Ce documentaire aura permis de médiatiser ces invisibles de la vie moderne et qui restent en attente d’une solution à long terme. C’est d’ailleurs dans le contexte du vote de la proposition de loi Abeille qu’il a été diffusé et dont un article impose la création d’un rapport parlementaire sur cette pathologie dans l’année de sa promulgation. Même si ça ne résout pas le problème à court terme, il faut espérer que des actions concrètes en découleront afin de protéger cette partie de la population.

@+ Jay

Lien vers la vidéo du documentaire : part 1part 2


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