Entretiens Pr Belpomme n°2 : le non-sens

Les articles qui vont suivre ne vont pas être dans l’ordre chronologique et je m’en excuse, je publie déjà celui-là car je le considère plus important que mon escapade à Montpellier …

Donc je suis revenu sur la région parisienne dans la nuit du jeudi 3 novembre afin de me rendre au deuxième rendez-vous avec le Professeur Belpomme. Ce coup-ci je me suis dit que j’allais venir avec ma mère comme ça elle comprendra ce que je subis actuellement. Ce fut une grosse connerie mais ça je le saurais bien plus tard …

Donc vers 15h30, on se met en chemin mais malheureusement j’avais oublié les aléas de la route sur la région parisienne, il y avait eu un accident juste à la sortie de Chilly-Mazarin sur l’A6 et impossible de prendre l’autoroute, donc obligé de prendre la N7. Je savais qu’on allait être en retard mais bon comme il faut prévoir de 1 à 2 heures de retard chez le Professeur Belpomme ça ne me stress pas plus que ça …

Pendant la route on discute avec ma mère sur mon expédition à Montpellier, surtout que je ne lui donne pas trop de nouvelles car j’évite de téléphoner avec mon portable ce qui me donne droit à quelques remontrances, enfin bref passons, on arrive vers 17H, je me gare à deux rues de l’officine du professeur et là mon sens de l’orientation et ma mémoire me jouent des tours. On met un bon 1/4 d’heure à la trouver, on a dû faire la rue Labroust de long en large au moins une fois et comme sur la carte du rendez-vous il y a marqué 64 ce qui est le numéro de la clinique et non celui de l’officine qui est le 52, pourtant on y rentré mais je ne sais pas, je reconnaissais pas les lieux, donc on est passé au 54 ou les secrétaires médicales nous ont indiqué qu’il fallait aller au 64 alors que c’était le 52, une histoire de fou 🙂 …

Arrivé dans la salle d’attente, je frappe à la porte de la secrétaire médicale mais pas de réponse, donc on s’installe et puis on commence à parler avec une jeune fille originaire de la région bretonne, la trentaine d’années qui était électrosensible, mais qui paradoxalement possédait deux téléphones et qui s’en servait à cœur joie alors que juste avant j’avais demandé à ma mère d’éteindre le sien pour éviter que cela entraîne une gène pour les personnes électrosensibles …

Je dois avouer que je me suis pas trop intéressé à son cas, je ne sais pas pourquoi d’ailleurs, peut-être à cause de son utilisation de portable excessive (voilà que je commence à faire de la ségrégation maintenant …), elle travaillait dans le développement durable, qu’elle essayait de prêcher la bonne parole autour d’elle mais avec parcimonie, elle avait commencé avec le service informatique de sa boite, enfin bref l’information la plus importante c’est que le prof il avait 2h00 de retard …

Peut-être 1/2 heure après, la personne qui était en rendez-vous sort de son cabinet, c’était une personne d’origine grecque d’un certains âge qui elle aussi était électrosensible. Ça faisait une 20ene d’années qu’elle souffrait de divers troubles, éruption cutanée, problèmes intestinaux, acouphènes, insomnie et encore d’autres dont je me souviens plus. Cette personne, a priori, faisait partie de la haute bourgeoisie puisque son mari avait fait polytechnique et son malheur commença dans les beaux quartiers de Paris. Elle raconta qu’elle avait déménagé après s’être rendu compte de ses problèmes d’onde dans un autre appartement toujours aussi bien situé mais qu’elle tomba sur un immeuble avec un générateur ou un transformateur EDF en sous-sol ce qui n’arrangea forcément pas les choses …

Elle disait qu’elle avait une maison à Corfou en Grèce et il n’y avait que là ou elle se sentait bien, elle restait sur Paris à cause de ses filles qui elles aussi déclaraient des problèmes, liés probablement aux ondes, je me souviens que l’une d’entre elles avait développé une hyperacousie et avait des problèmes intestinaux aussi. Elle parla de son errance médicale puisqu’elle avait été jusqu’à se faire examiner dans des hôpitaux anglais mais mêmes là-bas il n’avait rien trouvé … Ensuite elle passa à ses remèdes de grand-mère, huile de foie de morue tous les jours, des vitamines qu’elle prenait, qu’elle ne se lavait plus à l’eau mais à l’huile d’olive pressé dans son domaine, il y avait des non-sens des fois puisqu’elle disait aussi qu’il fallait tremper ses mains ou ses pieds dans l’eau et beaucoup se baigner.

En tout cas pour sa maladie je la croyais car il y avait une sorte de commercial en costard cravate qui faisait joujou avec son Blackberry et ça lui a déclenché des irritations au niveau de la cheville droite et du poignet droit …
D’ailleurs je ne comprends même pas que le téléphone portable ne soit pas interdit dans sa salle d’attente, même si elle est mutualisée avec d’autres docteurs ça serait la moindre des choses à faire …

Là-dessus cette personne s’en va, la demoiselle ressort et le professeur nous accueille dans son bureau. Alors au début il croyait que c’était ma mère l’électrosensible, donc il ne trouvait pas le dossier, un peu normal. Je lui indiquai mon nom et que c’était moi le malade, le dossier était juste sous ses yeux. Après il commença à relire mon dossier pendant 5 bonnes minutes,il entourait certaines parties de mon parcours, en tout cas ça m’apparut bien long. Pendant qu’il examine mon dossier j’aperçois mon encephaloscan, donc a priori il a reçu une copie des tous mes examens et que ça sert à rien de les amener.

Examen du sang normal, pas de signe de détresse cérébrale, l’encephaloscan montre bien un problème d’oxygénation du cerveau mais rien de bien probant à ses yeux. Ma mère lui a indiqué que j’étais resté presque 8 mois sans travailler à la maison et c’est peut-être cela qui explique mes bons résultats. Il me demande où j’en suis, je lui dis que j’ai repris le travail dans l’informatique, il me sort en gros que c’est une connerie, je lui précise néanmoins que c’est en province et c’est pour pouvoir m’installer dans mes petits villages du coin. Là pour le coup ça devient moins une connerie. Pour lui, il faudrait que je fasse fleuriste ou travailler dans l’agriculture mais plus dans l’informatique et puis un moment il me demande si j’utilise le pc le soir en rentrant, pas le temps de répondre que ma mère lui répond que je passe mes journées dessus …

Et puis j’ai eu le droit à une coalition entre ma mère et le prof qui pour chacun faire de l’ordinateur est une hérésie quand on est électrosensible, ne se pose même pas la question si c’est en WIFI ou filaire, nombre de watt de mon alimentation. Non, rien que le fait d’utiliser l’ordinateur pour le professeur va m’envoyer direct à la case Alzheimer. Il tente de faire peur à ma mère en lui disant que j’allais être sénile, textuellement que j’aillais pisser dans la baignoire ou dans le salon si je continuais à ne pas faire attention. Les raisons de ma mère sur le sujet sont un peu différentes, c’est plus parce que cela la désespère que je passe mes journées sur le pc qu’autre chose, pour elle il faudrait que je sorte, que j’ai une vie sociale mais avoir une vie sociale quand on est électrosensible c’est plus que contre-indiqué …

Dans la conversation je lui demande néanmoins s’il est possible qu’il me fasse une note comme quoi je suis électrosensible et la réponse fut négative, pour la raison suivante, il ne peut pas déterminer avec les tests effectués que je suis vraiment électrosensible et il me demande les troubles que j’ai actuellement … Là je reste sur le cul, parce que si lui ne me considère pas comme électrosensible qui va le faire, je n’ai pas démissionné, passé presque 1 an cloîtré chez moi juste parce j’avais décidé d’être électrosensible …

Je lui réponds qu’il me reste les maladies de peau, les chaleurs diffusent sur le visage quand je reste trop longtemps prêt d’une source électromagnétique, les acouphènes qui n’ont cessé d’augmenter depuis le début de ma pathologie. Il répond que tous ceci n’est pas probant qu’il va m’envoyer faire encore des tests sanguins et qu’il va me donner un traitement médicamenteux pour les trois mois qui viennent. Alors si j’ai bien compris, je n’ai pas le droit à avoir une note comme quoi je suis électrosensible par contre j’ai le droit d’avoir ma dose de cheval de médicament pour une durée de trois mois, je ne comprends pas bien, les effets secondaires des médicaments sont moins important qu’un simple bout de papier …

Là-dessus, il me fait l’ordonnance pour les médicaments et les tests sanguins, je lui paye ses honoraires et puis je sors avec ma mère, un peu dépité. Il est temps de retourner chez moi, avec en bonus les bouchons parisiens, j’en viens à souhaiter à devenir sénile comme ça au moins la société me prendra en charge alors que pour le moment c’est le dénis complet …

Finalement j’en conclu que le diagnostic retenu par le professeur Belpomme pour déterminer si l’on est oui ou non électrosensible est peut-être pertinent pour une partie d’entre nous mais il n’en reste pas moins que certains, comme moi, ne colleront pas forcément à la symptomatologie qu’il a retenu. Dans tous les cas nous en sommes plus à la phase de recherche, qu’un diagnostic bien défini a moins que je sois simplement un malade imaginaire et que je me suis pris la tête à faire ce site juste pour le fun … Enfin c’est juste l’avis d’un technicien informatique électrosensible, après pensée ce que vous voulez 😉

@+ Jay

PS : une petite news sur un électrosensible à paris : 20minutes.fr

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16 réflexions sur “Entretiens Pr Belpomme n°2 : le non-sens

  1. Pingback: Concilier travail et electrosensibilité : part V – escapade à montpellier « L'errance d'un electrosensible

    • C’est le seul pour le moment qui prend le sujet au sérieux en essayant de trouver des causes objectives à ma pathologie. Même si sur le fond je ne suis pas tout a fait en phase avec ce professeur, il a le mérite de chercher les causes au lieu d’éluder le problème comme le font la plus part des scientifiques.

  2. 80 € la consultation , ça fait cher le spécialiste……il ne fait pas dans le social , ajouter 500€ de bilans sanguins et urinaires……..Je vois que ce brave homme travaille de manière désintéressée !

  3. Détail important : les tests prescrits par Pr Belpomme ne sont probants que dans la phase critique (ou phase d’ « état ») de l’électrosensibilité. La méthode diagnostique permet d’établir un « état » d’intolérance exprimée et non pas l’électrosensibilité elle-même. Celle-ci est donc un filet lâche qui laisse passer à travers ses mailles beaucoup de patients pourtant bien susceptibles à l’environnement électromagnétique et de bonne foi quant à leur handicap chronique, ayant fait la démarche pénible de venir en capitale pour faire part de leurs maux.
    La démarche de soulager les patients par traitement médicamenteux est d’ailleurs un aveu de la réversibilité conditionnelle desdits maux (même si illusoire par cette voie particulière… le seul remède durable, s’il existe, étant l’éviction au mieux possible, le déménagement dans une zone saine ou l’isolation efficace du lieu de vie).

  4. J’ai rendez-vous chez le Professeur Belpomme prochainement. Je viens d’avoir un appel de son secrétariat qui m’annonce le prix de la consultation avec les tarifs des analyses + le céphalo scan qui ne sont pas remboursés. Ce sont de trop grosses dépenses pour moi. Je suis sûre de mon électro sensibilité mais se faire soigner à ces tarifs, je ne peux pas et je crois que je vais annuler ce rendez-vous. Anne

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