Enfants et radiofréquences : L’ANSES préconise la prudence

ANSES_radiofréquences_enfant_front_juillet2016

C’est en ce début juillet 2016 que l’ANSES, l’agence sanitaire française, a publié une expertise sur l’impact des radiofréquences sur les plus jeunes. Elle avait été saisie en juillet 2011 par plusieurs organismes d’État dont la direction générale de la santé, la direction générale de la prévention des risques et de la direction générale de la concurrence.

Cette saisine devait faire le point sur les dispositions réglementaires et de savoir si la jeune population, spécialement les enfants de moins de 6 ans, étaient bien protégés par les normes de 1998 concernant l’exposition aux radiofréquences. Il aura donc fallu pas moins de 5 ans et un pré-rapport en juin 2015 suivit d’une consultation publique pour que cette expertise voie le jour.

Même si les enfants ne sont pas censés être les plus exposés, il faut bien avoir conscience qu’entre les baby-phones, les jouets radiocommandés, voir connectés, ou encore les consoles de jeux, leurs environnements sont de plus en plus encombrés d’ondes électromagnétiques artificielles et, de ce fait, leurs expositions augmentent en conséquence. Et c’est sans parler des réseaux de communication sans fil, entre les antennes-relais, les box WIFI et les portables ou les tablettes des parents qui les utilisent près de leurs bouts de choux, et dans le pire des cas, s’en servent comme de nounou de substitution.

C’est dans ce contexte que l’ANSES va analyser cette question sous plusieurs angles, elle va reprendre les avis des institutions internationales et ses précédents rapports, faire le point sur les normes d’expositions, caractériser les expositions et enfin faire une analyse de la littérature scientifique, cela englobe les études épidémiologiques et de provocation.

Des normes parfois en trompe l’œil

Chose intéressante dans ce rapport en dehors de la question des enfants, c’est qu’il est enfin mentionné que le DAS, le débit d’absorption spécifique, indiqué sur votre téléphone ne reflète pas vraiment la réalité, comme déjà mentionné dans un article, les normes qui vous protègent uniquement des échauffements, sont assez flexibles pour laisser aux industriels un espacement entre le téléphone et le mannequin lors des tests, ce qui fait qu’il est possible d’avoir un DAS de 7 Watts par kg dans certaines situations quand vous mettez votre téléphone à même le corps alors que la limite est de 2 W/kg en théorie…

Concernant les enfants ce n’est pas beaucoup mieux, déjà on apprend que lors d’une exposition localisée, l’absorption est plus profonde chez eux d’après le rapport, on constate des augmentations de l’exposition dans la moelle osseuse ou dans le cerveau, en particulier au niveau des aires cérébrales les plus proches de la boite crânienne […]. En effet, certaines régions du cerveau des enfants sont plus exposées que chez les adultes » du fait essentiellement de leurs anatomies.

En ce qui concerne l’exposition corps entier, là encore les normes ne sont pas adéquates puisque lors d’une exposition environnementale élevée, c’est-à-dire égale aux valeurs-limites réglementaires, les normes seraient dépassées de 40% par rapport aux adultes selon certaines bandes de fréquences par un effet de résonance et encore une fois, c’est lié aux différences morphologiques et anatomiques.

En ce qui concerne les jouets qui utilisent les radiofréquences, l’ensemble sont bien en dessous des normes d’exposition mais il s’avérait un doute concernant des talkies-walkies destinés aux enfants dont l’étude des Professeurs Martens et Vermeeren avait démontré que certains de ces appareils positionnés à moins de 15 mm de distance pouvaient dépasser les 2 W/Kg, après avoir testé un modèle français, il apparaît néanmoins que les normes s’avéreraient respectées même dans les pires conditions.

Vous avez déjà utilisé un talkie-walkie à un mettre de vous, alors pour un enfant...

Mesures dans des conditions irréelles d’utilisation pour certains objets…

Des effets possibles mais pas avérés…

Avant de mentionner les effets des radiofréquences constatées chez l’enfant dans la littérature scientifique, il faut préciser la gradualité des niveaux de preuve définis pas l’ANSES concernant les expositions aux radiofréquences. Parmi ces niveaux on retrouve les conclusions comme quoi il n’y a aucun effet constaté, que les études disponibles ne permettent pas de conclure à l’existence ou non d’un effet, que le niveau de preuve est limité et enfin que les éléments de preuve sont suffisants pour conclure à l’existence d’un effet.

Les scientifiques de ce rapport ont délibéré qu’il y ait des éléments de preuve limités concernant les fonctions cognitives et le bien-être chez les plus jeunes. Sur le premier point, des études ont démontré « une amélioration de certaines fonctions cognitives après exposition au téléphone mobile in utero ». Le second effet constaté est une modification de l’activité électrique du cerveau, spécialement sur les ondes de fréquences thêta(4-8 Hz) et béta (12-15 Hz), le premier type d’ondes étant associé à l’attention et pour le second, à la mémoire, aux émotions, et aux sensations.

En ce qui concerne le bien-être, l’étude MobilEe-study démontrerait un lien statistique entre les adolescents les plus exposés et certains désagréments comme la fatigue, les céphalées ou encore l’irritabilité. Une autre étude aurait tendance à montrer qu’une exposition prénatale serait susceptible d’engendrer plus de maux de tête chez l’enfant. L’une des limites de ces études étant le facteur de confusion, est-ce l’usage du téléphone, ou l’effet des radiofréquences qui joue un rôle prépondérant dans la survenue de ces désagréments, l’ANSES a conclu que les données disponibles permettent de conclure à un effet possible.

Pour tout le reste, que ça soit les effets cancérogènes, les effets sur le système immunitaire ou encore la toxicité systémique, les conclusions sont toujours les mêmes, les données scientifiques ne permettent pas de conclure à l’existence ou non d’un effet des radiofréquences. Idem pour le système reproducteur ou encore les effets tératogènes, ou le développement de l’enfant, aucune étude n’aurait démontré une preuve d’un effet quelconque de ces ondes artificielles que ça soit chez les études animales ou encore épidémiologiques.

Des préconisations mais pas d’obligation

Suite à ces constats, l’ANSES a produit plusieurs préconisations. D’une part, concernant les normes d’expositions, il serait nécessaire de les modifier car elles ne sont pas adaptées aux enfants. D’autre part, les mesures d’exposition, qui sont imposées uniquement pour les téléphones portables, devraient être élargies aux objets connectés qui leurs sont destinés. De plus, l’agence sanitaire préconise d’élargir les limites réglementaires concernant la publicité pour ces mêmes objets communicants destinés au jeune public, à l’instar du portable dont il est interdit de faire de la publicité destiner à un public de moins de 12 ans.

Concernant l’usage par ces populations de ces moyens de communication sans fil, les parents sont invités à limiter l’usage de ces dispositifs électroniques émetteurs de radiofréquence comme les tablettes ou les téléphones portables à leurs enfants. Que dans l’éventualité d’une utilisation du portable, qu’il ne soit pas placé à même le corps pour éviter un éventuel effet thermique. Chez l’adolescent, il est recommandé aux parents d’inciter leurs enfants à un usage raisonnable du mobile, d’éviter les communications nocturnes, de limiter la fréquence et la durée des appels.

Au cours de l’évaluation des différentes études scientifiques, l’ANSES a constaté qu’elles portaient uniquement sur les technologies 2G, 3G et WIFI mais pas sur les dernières normes comme la 4G. Elle préconise donc de mieux de caractériser les usages et de par la même de mieux connaître l’exposition réelle des enfants. L’usage de ces technologies pourrait engendrer aussi des problèmes psycho-sociaux et il faudrait creuser la causalité avec les troubles mentaux comme le stress, l’addiction ou la dépression, et aussi sur les relations sociales ou encore l’apprentissage scolaire.

La modification des électroencéphalogrammes à cause d’une exposition aux radiofréquences a été constatée dans plusieurs études, il est donc préconisé de réaliser plus d’études que ça soit chez l’homme ou chez l’animal pour approfondir ce phénomène et de connaître plus finement les effets sur les fonctions cognitives. Enfin concernant l’effet cancérogène, même si pour l’instant il n’est pas encore caractérisé, une évaluation de ces risques doit être mise en place notamment en prenant en compte les nouvelles études comme celle dénommée MOBI-Kids qui a analysé les risques de tumeurs cérébrales chez les jeunes populations liés à une exposition aux radiofréquences.

Un rapport non sans critiques

Même si apparence, il y a une prise de conscience concernant les risques des radiofréquences dans ce rapport, il n’en reste pas moins qu’il n’est pas exempt de défauts. L’un qui limite la portée des connaissances scientifiques sur ce sujet, c’est la décapitalisation des connaissances. En effet, au lieu de capitaliser sur des connaissances cumulées, on prend une période restreinte, ici entre le 1er janvier 2005 au 31 décembre 2013, et on oublie tout ce qui a été produit auparavant. On pourra citer par exemple au sujet des effets tératogènes des travaux de l’équipe du professeur Madeleine Bastide en 2001 ou encore concernant la reproduction l’étude de Magras et Xenos qui en 1997 avait constaté une baisse des nouveau nés dans le groupe exposé aux radiofréquences.

On assiste aussi à une discrimination positive de certaines études, parmi celles qui constatent des effets suite à une exposition sont écartées, à tort ou à raison, car il y aurait des biais (P.159). Ces études scientifiques étant déjà revues par d’autres scientifiques avant publication dans un journal scientifique, c’est un peu comme-ci il refaisait le même travail de relecture sauf que ça serait uniquement pour ce rapport. Du coup on se retrouve avec des études assez consistantes pour être dans ces revues scientifiques mais pas assez pour ce rapport. Si vraiment il y avait des biais dans certaines d’entre-elles, pourquoi ne pas avoir demandé le retrait des revues tout simplement ce qui aurait conforté leurs choix.

Autre critique, le fait d’avoir séparé les effets cancérogènes des effets sur la réponse cellulaire d’une exposition aux radiofréquences. Car d’un côté on a des études épidémiologiques qui montrent une corrélation statistique entre la présence d’antennes et la survenue de certains cancers chez l’enfant non prise en compte(P.222). Et de l’autre il y a des études chez l’animal qui montrent qu’il y a des cassures des brins d’ADN et dont certains auteurs indiquent que cela pourrait être une indication comme quoi une exposition aux radiofréquences serait promoteur de tumeur au cerveau. En séparent les deux sujets, on assiste à la diminution de la charge de la preuve, et on se retrouve avec la conclusion comme quoi les éléments de preuve ne permettent pas de conclure à l’existence ou non d’un effet dans les deux catégories…

Parmi les autres critiques, on pourra citer par exemple l’interprétation qui relativise les conclusions de certaines études comme celle sur les cassures d’ADN ou les experts précisent dans un petit encadré (P.134) que ces cassures semblent être rapidement réparées. Il y aussi l’absence des études menées in vitro ou encore on laisse de côté les autres expositions aux ondes artificielles comme celles qui sont issues des infrastructures électriques ou des objets qui sont alimentés électriquement dont certaines études là encore démontrent des effets. Enfin, parmi les experts, il n’y aurait aucun qui soit pédiatre, clinicien ou spécialisé dans le domaine des radiofréquences…

C'est bien connu, tout le monde est statisticien...

C’est bien connu, tout le monde est statisticien…

Vive les vacances

La date de juin 2016 en page de garde et d’avril 2016 sur certains bas de page du rapport laisse présager un léger retard à la publication puisque c’est finalement en ce mois de juillet que l’annonce a été faite, son impact restera donc assez limité étant donné qu’une partie des Français sont en vacance, mais bon, on pourra se consoler en se disant qu’au moins à la plage, les enfants feront aussi un break quant à leurs expositions aux ondes et encore ça risque de ne pas durer car certaines communes ont eu l’idée lumineuse d’installer des bornes WIFI même à la mer. On semble encore une fois en pleine hypocrisie, d’un coté des agences sanitaires qui se mouillent sans être humides en préconisant la limitation de l’utilisation de ces technologies sans fil et de l’autre la marche du « progrès » qui semble inarrêtable et ça c’est sans parlé des plan numérique à l’école… C’est à se demander quel sera l’élément déclencheur qui conduira à une réelle prise de conscience que ces technologies ne sont pas neutres, en tout cas, une chose est sûr, c’est que ça ne viendra pas de ce type de rapport…

@+ Jay

PS : Voici le compte-rendu suite à la consultation publique du pré-rapport, il est intéressant de voir que FREE se préoccupe du sujet : AP2012SA0091Ra-anx

Dans les médias…

Lemonde.fr : Alerte sur les dangers des radiofréquences pour les enfants
Leprogres.fr : Ces ondes qui menacent nos enfants
FranceInfo.fr : Maintenant aux politiques d’agir
Lefigaro.fr : Ondes et enfants : les études manquent
actu-environnement.com : Effets des radiofréquences sur les enfants : l’Anses préconise de revoir la réglementation
Nextinpact.com : L’ANSES recommande de limiter l’usage des tablettes et téléphones aux enfants

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7 réflexions sur “Enfants et radiofréquences : L’ANSES préconise la prudence

  1. Pourquoi axer l’attention que sur les enfants. Entre ceux qui sont en pleine croissance et les autres ayant un système immunitaire déficient, leur problème commun réside dans l’instabilité permanente de la production des cellules, qui devient favorable au dérèglement de leur système de reproduction.
    Pourquoi chercher midi à 14h, alors que des constats ont déjà été effectués, ainsi que l’attestent les infos, parmi d’autres, ci-dessous :
    http://www.robindestoits.org/SCIENCE-lien-entre-pollution-electromagnetique-maladie-neuro-degenerative-et-cancer-1965-2014_a2215.html
    http://www.robindestoits.org/Les-mefaits-des-ondes-radio-electriques-reconnus-par-la-NASA-en-1981-La-Maison-du-21e-Siecle-Avril-2014_a2204.html
    Et encore une ième fois, pourquoi les compagnies d’assurance de la planète, refusent le remboursement des problèmes liés à l’électromagnétisme ? Et re-à propos de la reconnaissance de l’électrosensibilité, hein?!

    • Il n’avait pas trop le choix puisque la saisine portait à l’origine aux enfants et a été étendu aux adolescents. Ce qui est problématique dans ce rapport, c’est surtout quand l’ANSES dit qu’il n’y aucun problème du point de vue cancérogène alors qu’un certains nombre d’éléments scientifiques l’avancent et surtout que ça se confirme sur le terrain avec Rexpoede et Saint-Cyr-l’École ou il y avait des clusters de cancers chez les enfants près d’antennes-relais. Je ne sais pas quelle raison ça n’a pas été mis dans les effets possible mais c’est un peu hypocrite de dire aux enfants « vous inquiétez pas, vous n’aurez pas de cancer » et puis à leur majorité « si tu utilises trop ton portable au niveau de la tête, il y a un éventuel risque que tu fasses une tumeur »… L’ANSES ne prend pas ses responsabilités, ou les prend mais à minima…

  2. Bonjour Jay.  J ai beaucoup de plaisir à vous lire ,je ne sais plus quoi faire …je vais avoir 50 ans dans quelques jours et j ai un sentiment de vide ,de peur, d.’angoisse et de incompréhension,  je n’ai plus d’emploi plus de logement depuis plus 1an1/2 ma vie à bascule du jour au lendemain,  je suis errante .j e suis sur Rennes et bientôt la 5 g arrive … des tests sont déjà en cours et je les ressens le linky aussi et une société du côté de Quimper va nous coller que du connecterj ai les journaux qui en parlent. Je ne sais plus quoi faire .. si vous avez des idées merci de me les transmettre. Françoise barbet

    y uil PM à 19:37, Lerrance dun électrosensib

    • Françoise,

      Je ne sais que vous répondre puisque moi aussi je suis un peu dans la même situation que vous…

      Tout ce que je sais, c’est que ça va prendre du temps et il va falloir serrer les dents, les effets sanitaires ne seront certainement pas prouvés et considérés comme avérés avant quelques années…

      Nous faisons parti des pertes acceptables de la société, surtout qu’on est une population d’invisible au yeux de celle-ci et donc on ne sera pas une priorité pour l’état…

      On aura bien notre petit rapport en fin d’année mais là encore, il est fort à parié que ça ne change rien du tout à la situation.

      @+ Jay

  3. Serrer les dents, déménager à la campagne, survivre comme on pourra… Jay a raison, nous sommes les pots cassés. J’ai même entendu une fois à une émission de radio traitant de l’électrosensibilité un « spécialiste » dont le nom m’échappe affirmer que l’espèce humaine était en train de s’adapter aux champs électromagnétiques artificiels, les électrosensibles en étaient la preuve. Sous-entendu, nous sommes les raté-e-s de l’adaptation… un peu comme les ancêtres des singes qui ont continué à grimper aux arbres plutôt que de se redresser et de marcher. Merci pour nous! Une chose est certaine, et ce rapport ne fait pas exception, les choses n’avanceront pas vite. Je suis convaincue que la seule solution serait de s’organiser par petits groupe pour créer des immeubles ou des hameaux non exposés ou moins exposés à la pollution électromagnétique environnante, un peu partout en France. Mais c’est très difficile à mettre en œuvre. D’autant plus que quand on est obligé-e de cesser de travailler les moyens manquent carrément!
    A propos de s’organiser, s’il y a parmi les gens qui voient ce message des personnes qui sont en Drôme-Ardèche ou pas loin, faites-moi signe je vous laisserai mon mail pour qu’on voie si on peut s’organiser ou échanger des infos.
    Anne

    • C’est vrai que pour certains, ça peut être vu comme de la sélection naturelle mais je ne sais pas si c’est vraiment une adaptation, je dirais plutôt une usure du corps face à ces rayonnements. Je sais que dans le documentaire mauvaises ondes, il y aussi un expert qui indiquait que les maux de têtes liés aux radiofréquences était une forme d’adaptation mais si ce n’était pas le cas… Ils sont en train de faire un pari sur plusieurs générations dont ne connaît pas la possible ampleur…

    • On peut voir cette « sélection naturelle » de deux façons :
      – soit ce sont les personnes qui ne ressentent rien qui sont les plus aptes à survivre à cette pollution électro-magnétique
      – soit ce sont les personnes électro-sensibles qui part des mesures d’évitement et grâce à la conscience du danger sont les plus aptes à survivre

      Je pense que tous le monde est impacté et que des personnes développent des cancers du cerveau sans être devenu électro-sensible sans parler des effets sur la reproduction.

      Grâce aux micro-pulsées à basses fréquence, le problème de surpopulation est en passe d’être résolu… 😦

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