Les tumeurs agressives du cerveau en augmentation en Angleterre

Source : Aggressive Brain Tumors on the Rise in England – MicrowaveNews.com – 25/03/2018

Rate of GBM More Than Doubled Between 1995 and 2015

L’incidence du glioblastome multiforme (GBM), l’une des tumeurs les plus mortelles, a vu sa prévalence augmenter de plus du double en Angleterre entre 1995 et 2015 selon de nouvelles analyses des statistiques nationales. Pendant ce laps de temps, le nombre de cas de ces tumeurs est passé de 983 à 2 531.

Selon Alasdair Philips, l’auteur principal de l’étude, « nous avons constaté une augmentation significative de ces tumeurs à travers ces 21 dernières années dans l’ensemble des tranches d’âge, ». Cet article scientifique vient d’être publié dans la revue « Journal of Environmental and Public Health » et est en libre accès.

« Le taux d’incidence de ces tumeurs, la forme la plus agressive et dont la létalité est la plus rapide, augmente de façon dramatique en Angleterre alors que les tumeurs de grade inférieur ont diminué, ce qui masque cette évolution inquiétante quand on prend l’intégralité des données » indiqua le professeur Philips à Microwave News depuis sa résidence située à Beeswing au sud de l’Écosse, non loin de la frontière avec l’Angleterre.

Le professeur Philips a fourni le graphique ci-dessous qui montre que le nombre total de tumeur maligne (linge noir) stagne de façon plutôt régulière cachant de ce fait l’augmentation des GBM (ligne rouge)

Source: Alasdair Philips

Quelle est la cause de ces tumeurs ?

Le Professeur Philips et ses collègues ne connaissent pas la cause de cette augmentation, mais il rejette l’argument lié à un meilleur diagnostic car ces tumeurs sont généralement fatales et très rarement manquées. « Nous suggérons que ce sont des facteurs environnementaux et de style de vie qui sont responsables ».

L’un des facteurs possible est la démocratisation de l’utilisation du portable.

« Lorsque l’on se penche à l’incidence des tumeurs de type glioblastome, nous avons constaté une augmentation alarmante de ces tumeurs dans les régions frontales et temporales du cerveau. Cela alimente la suspicion que l’utilisation du portable pourrait faire la promotion de ces gliomes » d’après le Professeur Philips. « En effet, nos constatations supportent les travaux du groupe du Professeur Lennart Hardell en Suède ».

Source: Alasdair Philips

Pour le professeur Hardell joint par mail, « ce nouvel article scientifique alimente un peu plus le niveau de preuve sur l’augmentation du risque de gliome lié à l’utilisation du téléphone portable ». « Cela conforte les résultats de certaines études épidémiologiques sur le risque chez l’humain développer un gliome lié à l’usage du téléphone portable mais aussi avec les plus récentes études de provocation chez l’animale faites aux États-Unis et en Italie ».

Le professeur Philips évoque aussi la possibilité d’une augmentation de l’exposition aux rayons X provenant des CT-scans qui pourraient contribuer à un plus haut risque de taux de glioblastome.

Et aux Etats-Unis ?

L’augmentation des glioblastomes a déjà été repérée dans d’autres pays, notamment aux Pays-Bas (voir notre article de 2016), et plus anecdotiquement au Danemark: en 2012, la société Danoise du cancer avait rapporté un pique d’augmentation des GBM. Cette organisation avait retenu les dires d’un neuro-oncologiste de l’hôpital universitaire de Copenhague qui disait à l’époque que c’était une « évolution inquiétante ». Cette information avait été plus tard supprimée de leur site internet. (voir notre article « Something Rotten in Denmark. »)

En 2012, un groupe de l’université de Californie du sud avait rapporté une augmentation des glioblastomes sur les lobes frontaux et temporaux aux U.S.. Mais, une plus récente analyse faite par le registre central des tumeurs du cerveau des États-Unis avait statué qu’il n’y avait pas de hausse notable de ces tumeurs entre 2000 et 2014 (fig. 25). L’étude CBTRUS ne s’était pas intéressé à la localisation de ces tumeurs. Le pourquoi d’une telle différence de l’incidence de ces tumeurs entre l’Angleterre et les États-Unis n’est pas très clair.

Nous avons demandé l’avis de David Carpenter, un neurophysiologiste de formation et le directeur de l’institut de la santé et de l’environnement d’Albanie. « Il semble que ça soit la preuve qui confirme les récentes études cas-témoins qui démontreraient une association entre l’utilisation du téléphone portable et du cancer du cerveau, ». « Maintenant, il s’agit de savoir si nous allons rencontrer la même évolution dans la population américaine ».

Joel Moskowitz de l’école de santé publique de Berkeley est d’accord pour dire que cette problématique devrait étudier avec plus d’attention. « Ceux qui citent les statistiques qui indiquent une stabilisation de l’apparition de ces tumeurs et prétendent que les portables ne causent pas de cancer du cerveau, devraient examiner les données de localisation et de type de tumeurs à travers le temps ».

« Un financement urgent nécessaire »

Le professeur Philips lui aussi voudrait qu’il y ait plus de recherche, d’ailleurs lui et ses confrères ont fait cette demande dans leur article. « Nos résultats montrent que le financement de plus de recherche sur l’apparition et la promotion de ces cancers ».

Le professeur Philips est l’administrateur de l’œuvre de bienfaisance « Children with Cancer UK« . Il est aussi le membre fondateur de PowerWatch, un groupe d’activistes qui a depuis longtemps milité pour la mise en place de politiques de précaution concernant les expositions aux radiofréquences. Denis Henshaw, un des co-auteurs de cette nouvelle publication, est le directeur scientifique de l’association caritative sur le cancer et professeur émérite de l’université de Bristol. L’association « Children with cancer » n’a pas eu de rôle direct dans cette étude d’après Henshaw.

Le professeur a travaillé sur cette analyse pendant près de 7 années, sans aucun financement extérieur. Il a lui-même payé pour avoir accès aux données de l’office national des statistiques anglaises. Ses constatations posent question : Pourquoi personne, entre autres les épidémiologistes, n’a détecté cette augmentation des glioblastomes ? Pour Denis Henshaw, leurs résultats illustrent le besoin de mieux appréhender, et d’expliquer les mécanismes derrière l’augmentation de l’évolution de ces tumeurs du cerveau. D’après lui, « il faut toujours prendre un peu de recul pour déceler l’inattendu ».

@+ Jay

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s