5G: des interrogations légitimes

Quand un Sénateur américain demande des preuves aux autorités compétentes concernant les fondements sur lesquelles se base la régulation de la norme de communication de 5ème génération.

Notre société actuelle dépend pour beaucoup des nouvelles technologies sans-fil mais il semble que seuls les bénéfices ne soient pris en compte sans voir ce qu’il y aurait au revers de la médaille. Dès le début de la téléphonie mobile, les normes de régulation ne se basaient que sur des études à court terme, ne concernaient essentiellement que les effets thermiques sans prendre en compte les modes d’utilisation qui en seraient faits car elles ont été effectuées dans les années 1980. Afin de ne pas reproduire les erreurs du passé, le sénateur américain Richard Blumenthal vient d’envoyé une requête auprès de l’agence fédérale des communications (FCC) pour avoir des éclaircissements concernant la question des normes et de l’évaluation sanitaire qui vont encadrer le futur déploiement de la 5G.

Il semble bien que l’on soit dans le même paradigme avec la nouvelle norme de communication qui est en voie de déploiement, car bien qu’elle promette monts et merveilles, que ça soit un Internet sans-fil plus fiable et rapide, une connectivité pour l’Internet des objets (IOT) ou encore l’intégration des voitures autonomes, il ne semble pas y avoir, à l’heure actuelle, d’étude à moyen/long terme sur les effets sanitaires possibles de cette technologie. Et de par la nature même des radiofréquences utilisées par cette technologie, c’est-à-dire des ondes millimétriques, cela va nécessité l’installation d’une infrastructure plus dense que pour les précédentes générations de téléphonie mobile car ce type d’onde ne se propage pas aussi bien à travers les obstacles, ce qui implique une multiplication des micro-antennes près des lieux de vie.

Ces préoccupations proviennent en premier lieu du maire de Sioux Falls, Paul TenHanken, qui durant une audition du comité sénatoriale du commerce a exprimé son interrogation à propos « des implications sanitaires de la 5G et du déploiement des micro-cellules » le 12 octobre 2018. Il voulait avoir une « vision claire sur ce qu’il en était, l’argumentation, et les études scientifiques effectuées, qui prouveraient qu’il n’y a aucun risque sanitaire pour les électeurs et les contribuables lié a l’implantation de ces antennes sur des pylônes près des librairies, des écoles ou encore des lieux d’habitation ». Comme en France, les autorités locales aux États-Unis n’ont aucun droit de regard sur la question de l’exposition aux radiofréquences, seules les agences de régulation sont compétentes, et c’est dans ce cadre légal que le sénateur Richard blumenthal va relayer les inquiétudes de ce maire et envoyer un courrier ce 3 décembre dernier pour demander des comptes à la FCC.

C’est donc son responsable, Brendan Carr, qui devra répondre aux attentes de ce sénateur. Un des griefs est que les normes qui encadrent l’exposition du public datent de 1996 et n’ont jamais fait l’objet d’une mise à jour pour les nouvelles générations d’équipements et d’appareils émettant des radiofréquences. Le débit d’absorption spécifique (DAS), norme qui s’applique par exemple aux téléphones portables, couvre uniquement un spectre qui va de 100MHz à 6GHz, alors que la technologie 5G va opérer à des fréquences pouvant aller à plus de 24Ghz. D’ailleurs, la FCC reconnaît que dans le cadre des mesures du DAS, il faudra « mettre à jour l’étalonnage des sondes, vérifié l’exactitude des mesures, revoir les paramètres diélectriques des tissues et veiller à ce que les procédures de mesures de cette norme fassent l’objet d’un examen complémentaire concernant les tests sur les nouveaux équipements sans-fil ».

Le contexte est un peu particulier, car même si l’agence fédérale sanitaire américaine (FDA) a tempéré les résultats de l’étude du NTP, il n’en reste pas moins qu’elle arrive au plus mauvais moment pour le déploiement de la 5G. Cette vaste étude animale a constaté des preuves évidentes d’activité cancérogène chez le rat après une exposition aux normes de téléphonie mobile de deuxième et troisième génération (GSM/CDMA). C’est semble-t-il pour cela que ce sénateur réclame à la FCC, et aux agences sanitaires concernées, toutes informations qui l’ont conduit à l’élaboration des règles de sûreté pour encadrer la 5G et notamment les études scientifiques qui ont été prises comme référence lors d’auditions sur ce sujet. Il demande aussi de faire en sorte que la consultation sur la réglementation du 27 mars 2013 soit suffisante pour tous les individus, y compris les professionnels qui travaillent sur ces infrastructures, afin qu’ils soient protégés d’une surexposition à ces radiations. La FCC a jusqu’au 17 décembre 2018 pour répondre à cette injonction.

@+ Jay

Conférence de presse : http://www.ctn.state.ct.us/ctnplayer.asp?odID=15794

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