Electrosensibilité : Esquisse d’un protocole en double aveugle

Avec cet article, je vais continuer un peu sur la même lignée que l’article sur la corrélation entre l’exposition aux ondes et les dermatoses, c’est-à-dire sur le thème du diagnostique et je vais essayer de proposer un protocole en double-aveugle. Bien que je n’ai aucune formation scientifique à la base, j’ai néanmoins constaté les effets biologiques des ondes lors de mon parcours professionnel et j’ai pu étudier un protocole d’étude lors de certains articles écrits pour ce blog, ce qui compense un peu mes lacunes scientifiques. La seule étude mise en place en France à l’heure actuelle, l’étude Cochin, ne repose que sur une hypothèse psychosomatique et non physiologique quant à là l’intolérance aux ondes, en proposant ce début de protocole je souhaite traiter du sujet du diagnostique de cette pathologie sous un angle nouveau.

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Intitulé

Évaluation et test en double-aveugle d’un seuil de tolérance de patients présentant une intolérance environnementale attribuée aux champs électromagnétiques

Introduction

À l’heure actuelle, les effets des ondes électromagnétiques sont encore mal définis et aucun consensus scientifique ne ressort clairement dans ce domaine même s’il existe des effets biologiques recensés notamment dans le rapport de l’ANSES mais sans qu’aucune nocivité soit avérée. C’est dans ce contexte incertain que l’intolérance aux ondes déclarée par une faible partie de la population doit être diagnostiquée et pour le courant scientifique dominant il n’y a aucune causalité entre les ondes et les symptômes déclarés car les normes à l’heure actuelle nous protègent du seul effet reconnu des ondes, l’effet thermique. Des facteurs psychosomatiques sont donc avancés pour expliquer cette pathologie, on parle ainsi d’effet nocebo dans ce cas, ou le stimuli n’est pas l’exposition aux ondes mais la vision d’un émetteur de champs électromagnétiques qui affecterait la psyché des sujets et engendrerait diverses pathologies sous-jacentes associées à tort aux ondes.

Pourtant, on sait que l’organisme à des mécanismes de défense en ce qui concerne les ondes électromagnétiques appartenant au spectre des UV qui se concrétisent par une stimulation de la production de mélanine par les mélanocytes. Il en résulte une accumulation de mélanine dans la peau qui donne une teinte plus foncée. Quand est-il pour les ondes appartenant au spectre des radiofréquences ? On sait que le système nerveux fonctionne en utilisant des impulsions électriques et on sait aussi que les champs électromagnétiques peuvent créer des inductions électromagnétiques, alors comment peut-on expliquer que pour la majorité de la population qui est soumise à des champs électromagnétiques ne relève aucun problème de santé lié à cette exposition ? Comment le corps gère l’exposition aux ondes électromagnétiques sans que cela génère aucun trouble ? Existe-t-il un mécanisme d’isolation du système nerveux ?

Si un tel mécanisme était bel et bien présent au sein de l’organisme, sa possible altération expliquerait les défaillances que connaît le système nerveux et tous les symptômes qui l’accompagne dans le cas de personne déclarant des problèmes de santé liée aux ondes : les maux de tête, les picotements, les acouphènes qui seraient la résultante de l’interférence entre les champs électromagnétique et le système nerveux. Dans le cas des sensations de chaleur, la problématique pourrait s’expliquer autrement, mon hypothèse est que cette altération implique que la seule solution pour l’organisme est d’évacuer le trop-plein d’énergie induite accumulée lors d’une sur-exposition par un effet calorique. Pour ce qui est des causes de cette altération, plusieurs pistes peuvent être explorées, une origine endogène, facteur génétique par exemple, exogène, sur-exposition aux radiofréquences, accumulation de métaux lourds qui favoriserait l’accumulation d’énergie induite ou multi-factorielle.

Hypothèse de départ

L’intolérance aux ondes est due à une mal-fonction ou une altération d’un mécanisme qui vise à évacuer les énergies induites lors de l’absorption par le corps des ondes électromagnétique. Ce mécanisme sert à isoler le système nerveux des éléments énergétiques présents dans l’environnement. Cette altération de ce mécanisme se concrétise par des désordres cutanés de type dermatose, des désordres du système nerveux (céphalée, paresthésie, acouphènes) et des échauffements localisés liés à l’évacuation d’énergie accumulée après une exposition prolongée.

Objectif

Déterminer l’existence ou non d’un seuil de tolérance à une exposition aux radiofréquences qui engendrerait des symptômes chez un sujet se déclarant intolérant aux ondes et validation en double-aveugle de l’existence de ce seuil.

Descriptif

Ce protocole ce base non pas uniquement sur l’exposition aux radiofréquences mais sur le temps qu’une exposition engendre des symptômes chez des sujets se déclarant être intolérant aux ondes. Avant de rentrer dans le vif du sujet, il est nécessaire de mettre en place plusieurs pré-requis :

  • Un environnement extérieur maîtrisé : Le lieu d’implantation de l’expérience ne doit pas être soumis à une exposition qui pourrait interférer avec l’expérience. Deux solutions sont possibles, soit de le faire dans une zone blanche, soit dans des bâtiments qui soient blindés afin d’avoir le moins d’impact possible.
  • Un environnement intérieur maîtrisé : Aucun équipement présent dans la pièce ou est exposé le sujet ne devra émettre d’ondes, ce qui implique le blindage de l’installation électrique, utilisation d’ampoule LED, etc …
  • La maîtrise de l’exposition par le sujet : Afin d’éviter tout impact anxiogène sur les sujets, il faut qu’ils puissent arrêter l’exposition aux champs électromagnétique à tous moment de l’expérience.
  • Collégialité et indépendance des intervenants : essayer dans la mesure du possible d’avoir un panel de scientifique (psychiatre/physicien/biologiste) qui soit le plus indépendant possible vis-à-vis des opérateurs télécoms et des associations militantes.

Pour ce qui est du protocole en lui-même, il est assez simple, dans une pièce ou se trouve un émetteur de radiofréquences non-visible à l’œil nu (Pour éviter l’effet Nocebo) va être dans un premier temps allumé et le sujet sera mis au courant de l’exposition. Avec un boîtier filaire il devra appuyer sur un bouton pour définir le moment où il commence à ressentir les effets des ondes ce qui aura pour conséquence un arrêt de l’exposition et une fois qu’il ne ressentira plus rien, il appuiera sur un second bouton qui indiquera qu’on peut à nouveau l’exposer. Cette première étape devrait être répétée au minimum 2 fois et sert à connaitre le seuil de tolérance du sujet testé, encore une fois ce qui importe c’est le temps entre le début de l’exposition et les premiers signes ressentis par le sujet.

La deuxième étape sera identique à tout point de vue de la première sauf que l’exposition durera le temps du seuil constaté lors de la première phase et sera randomisé, c’est-à-dire que ni l’équipe qui supervise, ni le sujet sera au courant s’il y a une exposition ou non. L’exposition devra être renouvelée plusieurs fois, au minimum 3 et à l’issue de cette étape on devrait avoir des résultats que l’on pourra comparer entre eux. Deux cas de figure, soit les résultats en terme de temps entre l’exposition et le ressentis sont relativement proche à chaque exposition, il faudra certainement définir une marge, et on pourra en conclure que le sujet subis bel et bien les effets des ondes ou dans le cas contraire le test n’est pas concluant. La limite à ce protocole est le temps en lui-même, c’est-à-dire que si le sujet met 4/5 heures à ressentir les effets des ondes ça risque de compliquer le diagnostique, en dessous d’une heure ça devrait être jouable.

Du point de vue technique, un émetteur de champs électromagnétique (ELF,LF,HF,UHF), un ordinateur branché, une sonde pour connaître l’exposition et des boutons programmables. Le tout relié ensemble et avec un peu de code il serait possible de mettre ce protocole en place. À noté qu’il serait nécessaire afin de diminuer le temps de la sensibilisation des sujets d’utiliser au maximum la bande passante dans l’éventualité ou l’émetteur peut se connecter à un réseau sans-fil en faisant communiqué un périphérique sans-fil avec l’émetteur en simulant des échanges de fichiers ou autre. Autre piège à éviter c’est l’allumage de l’émetteur, il ne devrait pas être physique car certains électrosensibles ont des oreilles sensibles aux bruits très aigus (hyperacousie) et les condensateurs dans les appareils électriques font ce type de bruit. Autre chose il serait judicieux de se munir de matériel pouvant recueillir les constantes (cardiogramme/encéphalogramme) pour voir s’il n’y a pas de changement lors de l’exposition. Dernière chose, un thermographe pour valider ou non les sensations de chaleur qui sont décrites régulièrement par les électrosensibles.

Schéma :

  • 1ere demi-journée : acclimatation du sujet dans la pièce de l’expérience pour confirmer que le sujet ne déclare aucun symptôme qu’il pourrait considérer comme lié à son électrosensibilité. Briefing sur l’expérience et prise en compte des divers symptômes qu’ils déclarent quand il est soumis à un champ électromagnétique.

  • 2eme demi-journée : la borne WIFI sera activée et le sujet sera au courant et la première phase de l’expérience commencera. le but est de réduire le capital de résistance aux ondes du sujet dans un premier temps, puis dans un second temps voir le temps entre le moment ou le sujet déclare les premiers symptômes et le moment où il ne supporte plus l’exposition aux ondes. Cette opération sera répétée 3 fois afin de déterminer le laps de temps entre l’activation et les premiers symptômes.

  • 3ème demi-journée : la borne sera activée jusqu’à la première déclaration des symptômes puis ensuite sera activée aléatoirement, ce qui permettra de comparer le temps entre l’activation de la borne et les premiers symptômes. On pourra comparer ces résultats à ceux de la veille. A la fin de l’expérimentation un débriefing sera fait avec les intervenants.

Résultats attendus

Dans un cas positif, on devrait retrouver le schéma suivant, c’est-à-dire qu’à partir d’un temps relativement identique le sujet devrait ressentir les effets des ondes, bien sûr dans la réalité, il sera nécessaire de mettre une marge.

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Dans un cas négatif au contraire le sujet déclenchera l’arrêt de l’exposition en dehors des plages d’expositions et le test ne sera pas concluant.

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Voilà ce que j’avais dans la tête concernant un protocole qui serait judicieux dans le cadre de l’électrosensibilité parce que pour l’instant entre l’étude Cochin qui se base uniquement sur une hypothèse psychologique ou un protocole en double-aveugle ou un sujet est exposé aléatoirement à 10 minutes de téléphone portable et lui demander si le téléphone est allumé, on n’est pas gâté pour le moment. Alors c’est sur, ce n’est pas parfait, il y a surement des choses à revoir mais c’est juste un brouillon.

@+ Jay

Maj : Avant de faire un test d’exposition et afin de rendre ce protocole le plus adapté aux personnes électrosensibles, il serait peut-être nécessaire d’identifier les fréquences qui leur posent problème et ensuite de faire les tests avec.

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8 réflexions sur “Electrosensibilité : Esquisse d’un protocole en double aveugle

    • Personnellement je suis athée donc je me sent pas très concerné mais je laisse votre commentaire pour ceux qui sont handicapés dans la pratique de leur croyance.

      ps : votre lien Facebook ne fonctionne pas.

  1. « un panel de scientifique (psychiatre/physicien/biologiste) » certes, mais il manque une personne importante: un illusionniste ou prestidigitateur de haut niveau qui aura accès au matériel et accessoires, aux locaux, et à tout le dispositif.

    • 😀 c’est vrai mais je parlais uniquement du cadre scientifique « décisionnel », après il est clair que ça demande un investissement humain et financier… Mais si vous lisez bien le titre, j’ai mis « esquisse » ^^ on est loin d’un protocole complètement fini.

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